Le Burundi devrait autoriser une enquête indépendante sur de récentes atrocités, selon le Conseiller de l'ONU pour la prévention du génocide

23 décembre 2015

Le Conseiller spécial des Nations Unies pour la prévention du génocide, Adama Dieng, a appelé le Gouvernement du Burundi à autoriser l'ouverture d'une enquête indépendante pour établir si des éléments extérieurs ont été impliqués dans des atrocités qui auraient été commises dans le pays, affirmant qu'il est « essentiel que l'impunité ne prévale plus au Burundi ».

« Nous ne verrons pas la fin du tunnel et nous n'aurons que des solutions fragiles (au Burundi) si la question de l'établissement des responsabilités n'est pas abordée comme étant un moyen sérieux de mettre fin aux événements actuels », a déclaré M. Dieng dans un entretien diffusé mercredi par le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme.

Le Burundi traverse une crise politique depuis que le Président Pierre Nkurunziza a pris la décision controversée de solliciter un troisième mandat présidentiel plus tôt dans l'année. Depuis lors, au moins 400 personnes ont été tuées - et ce bilan pourrait en fait être beaucoup plus lourd – 220.000 autres ont cherché refuge dans les pays voisins et d'autres encore sont déplacées à l'intérieur du pays.

Le Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a exhorté la communauté internationale à agir de manière « forte et décisive » au lieu de « bricoler » pour éviter une guerre civile au Burundi qui pourrait avoir d'inquiétants aspects ethniques et de graves conséquences régionales.

« Ce qui est également nécessaire, c'est une enquête sérieuse sur les atrocités, les crimes qui sont commis au Burundi, et la comparution en justice de leurs auteurs », a déclaré M. Dieng.

« Il est essentiel que l'impunité ne prévale plus au Burundi », a-t-il ajouté.

Au sujet de l'enquête qu'il souhaite voir lancer, le Conseiller spécial a déclaré qu'il « n'irait pas jusqu'à dire qu'une troisième force est impliquée » au Burundi, mais qu'il était « nécessaire d'élucider cet aspect ». « Si l'on nous dit qu'il y a des éléments extérieurs au Burundi qui sont maintenant impliqués, qui fournissent des ressources, ceci doit faire l'objet d'une investigation et c'est pourquoi le Gouvernement du Burundi devrait autoriser une équipe d'enquêteurs indépendante à se rendre dans le pays et à examiner ces atrocités », a-t-il dit.

Le Conseil de sécurité a appelé à une accélération d'urgence des efforts de médiation entrepris par les Etats d'Afrique de l'Ouest et a exhorté toutes les parties prenantes au Burundi à coopérer pleinement avec une future Mission de maintien de la paix proposée par l'Union africaine (UA).

 

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