Yémen : danger de balkanisation sans action concertée de la communauté internationale (ONU)

22 décembre 2015

Le Conseil de sécurité doit agir dès maintenant pour mettre fin aux combats au Yémen sous peine d'assister à une balkanisation du pays, qui créerait des sanctuaires pour les groupes terroristes et menacerait la stabilité de toute la région, a averti mardi le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein.

« J'appelle le Conseil à accélérer et intensifier d'urgence les efforts diplomatiques afin d'obtenir un cessez-le-feu et d'aider à la création d'un cadre de négociations en vue d'une paix globale et durable », a déclaré M. Zeid, soulignant que la vie était devenue intenable pour une grande majorité de Yéménites, avec au moins 21 millions de personnes, soit 80% de la population, dépendant au moins partiellement de l'aide humanitaire.

« L'absence d'une action décisive ne serait pas seulement une catastrophe pour les millions de personnes vulnérables aujourd'hui au Yémen. Cela pousserait inévitablement le pays vers un processus irréversible de balkanisation, dont les conséquences échapperaient à tout contrôle », a-t-il ajouté.

Une situation d'Etat en faillite au Yémen « entraînerait presque inévitablement la création de sanctuaires pour des groupes radicaux et confessionnels tels que le prétendu EIIL » (Etat islamique en Syrie et au Levant, aussi appelé Daech). Et ceci « pourrait ensuite étendre le conflit au-delà des frontières du Yémen, avec le potentiel de déstabiliser complètement la région ».

M. Zeid s'est dit encouragé par le lancement récent de pourparlers de paix sous l'égide de l'ONU en Suisse, mais ces discussions ont été ajournées pour un mois dimanche dernier en raison de nombreuses violations du cessez-le-feu, et afin de relancer des consultations bilatérales, tant au Yémen qu'à l'échelon régional, en vue de parvenir à une véritable cessation des hostilités.

En même temps, l'intensification des combats a causé une augmentation dramatique du nombre des victimes civiles, avec plus de 600 enfants tués et plus de 900 grièvement blessés, soit cinq fois plus qu'en 2014. Plus de 2.700 civils ont été tués et plus de 5.300 blessés depuis le début du conflit.

« J'ai observé avec une grave préoccupation la poursuite des pilonnages d'artillerie lourde au sol et dans les airs dans des zones à forte concentration de civils, ainsi que la perpétuation de la destruction d'infrastructures civiles – en particulier des hôpitaux et des écoles – par toutes les parties au conflit, même si une quantité disproportionnée semble être le fait des raids aériens effectués par les Forces de la Coalition », a déclaré M. Zeid.

 

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