Malgré des progrès, l'Afghanistan fera face à d'importants défis économiques, politiques et militaires en 2016 (ONU)

21 décembre 2015

A la fin de la première année de sa décennie de transformation, le Gouvernement d'union nationale d'Afghanistan peine à incarner l'unité nationale, la sécurité s'est détériorée alors qu'il fait face à une intensification des combats avec un soutien international réduit, et l'économie demeure un sujet de préoccupation, a affirmé lundi le représentant de l'ONU dans ce pays.

« En 2016, il est vital que le Gouvernement d'union nationale démontre de plus en plus son efficacité, non seulement au peuple afghan mais aussi aux bailleurs de fonds, car il est largement dépendant de leur assistance financière, matérielle et technique », a déclaré au Conseil de sécurité Nicholas Haysom, Représentant spécial pour l'Afghanistan du Secrétaire général, Ban Ki-moon.

Il a souligné que de nombreux Afghans sont inquiets de l'avenir, certains estimant n'avoir pas d'autre choix que de quitter le pays à la recherche de la sécurité et de perspectives économiques à l'étranger.

« Les civils, comme d'habitude, continuent de souffrir principalement du conflit, alors que le nombre des victimes augmente à un rythme croissant, ainsi que le nombre des personnes déplacées », a dit M. Haysom, soulignant qu'avec le fossé fiscal entre revenus et dépenses, la pauvreté ne recule pas, la contraction de l'économie a mené à un chômage élevé et la corruption n'est toujours pas vaincue ».

Il a cependant relevé quelques progrès dans le domaine de la réforme de la fonction publique et du système électoral. La croissance économique, quoique faible, devrait s'accélérer au cours des prochaines années et les Forces de sécurité afghanes (ANSF) ont fait preuve de résilience face à une insurrection qui s'est intensifiée, a-t-il noté.

M. Haysom a loué le Gouvernement pour avoir continué de mettre en place les bases d'un progrès économique à long terme, y compris par le biais de l'intégration régionale, et il a noté que si la perte temporaire de centres provinciaux comme Kunduz a révélé d'importantes lacunes dans le travail des ANSF, presque tous ces centres ont été reconquis.

« Les ANSF sont peut-être sollicitées au maximum de leurs capacités mais, pour l'essentiel, elles tiennent bon », a-t-il affirmé.

« Ceci ne veut pas dire qu'il faille ignorer la nécessité d'apporter des améliorations au fonctionnament des ANSF, avec un accent particulier sur la logistique et l'administration, et sur des mesures visant à renforcer le moral (…) ainsi qu'un appui international continu à leurs tentatives de se doter de leurs propres capacités de soutien aérien », a-t-il dit.

M. Haysom a souligné la nécessité de lutter contre la corruption et de mener à bien une réforme de la gouvernance afin de rassurer la communauté internationale sur le fait que son assistance aura un impact tangible en 2016, alors que l'OTAN doit se réunir à Varsovie pour décider de son engagement militaire pour quatre ans, tandis qu'à Bruxelles, les donateurs doivent décider de la poursuite de l'aide civile.

« La MANUA encouragera les donateurs à investir dans la reconstruction et la sécurité de l'Afghanistan, plutôt que de supporter le coût de l'immigration », a-t-il dit, faisant référence à la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan, qu'il dirige.

« Cette situation ne peut pas continuer indéfiniment – tôt ou tard, les ressources financières actuellement disponibles pour le pays diminueront. L'Afghanistan doit trouver une voie politique vers la paix », a-t-il ajouté, appelant les Taliban à s'engager dans un processus de paix comme l'a fait le Gouvernement.

 

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