Ban Ki-moon appelle le monde à s'investir dans la prévention des conflits

16 décembre 2015

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé mercredi le monde à s'investir davantage dans la prévention des conflits et dans les moyens d'y mettre fin.

Dans une conférence de presse de fin d'année, M. Ban a estimé que 2015 avait apporté son lot « de progrès et d'horreurs ».

« Cette année, nous avons assisté à des flux de réfugiés et de personnes déplacées aux proportions épiques. A l'aube de 2016, le monde doit s'efforcer de se doter d'une nouvelle convention sur la mobilité humaine. Diaboliser et traiter comme boucs émissaires ces personnes sur la base de leur religion, de leur appartenance ethnique ou de leur pays d'origine est une attitude qui n'a pas sa place au XXIème siècle », a-t-il déclaré.

L'ONU vient de lancer un appel de fonds de 20 milliards de dollars pour faire face aux besoins humanitaires de l'année prochaine, soit cinq fois le montant d'il y a dix ans, a rappelé le Secrétaire général. Le Sommet humanitaire mondial de mai 2016 à Istanbul sera « une occasion critique de s'occuper des problèmes chroniques de financement et de s'accorder sur des mesures concrètes afin d'être mieux préparés pour répondre aux crises », a-t-il ajouté.

« Le monde doit investir davantage d'énergie politique dans la prévention des conflits et les moyens d'y mettre fin, et dans la lutte contre les violations des droits de l'homme, qui sont notre meilleur signal d'alarme que des troubles plus graves vont suivre », a-t-il affirmé.

M. Ban a souligné que des efforts visant à résoudre des conflits par la diplomatie étaient en cours cette semaine.

Ainsi en Libye, « les parties sont proches d'un accord dont elles ont désespérément besoin afin d'aider le pays à sortir de la crise actuelle », a-t-il dit. « Au Yémen, des pourparlers se sont ouverts hier en Suisse en vue d'un cessez-le-feu durable et d'une reprise du processus de transition politique . Les civils ont été les principales victimes du conflit et nous devons tout faire pour stopper l'effusion de sang et améliorer leur sort ».

Sur la crise en Syrie, qu'il a qualifiée de « plaie béante au Moyen-Orient et dans le monde en général », la communauté internationale « s'est activement réimpliquée dans la recherche d'un règlement politique », a poursuivi M. Ban. « Nous insistons pour un cessez-le-feu dans tout le pays et pour l'ouverture de négociations en janvier sur une transition politique et nous ne devons pas relâcher nos efforts », a-t-il affirmé.

M. Ban a qualifié de « cruciale » la lutte contre « la menace constituée par Daech, Boko Haram, al Shabab et les autres groupes terroristes » et a indiqué qu'il présenterait en janvier aux Etats membres de l'ONU « un plan d'action pour prévenir l'extrémisme violent ».

Il s'est enfin dit « alarmé » par l'escalade de la violence au Burundi. « Ce que nous avons vu ces derniers jours est glaçant, le pays est au bord d'une guerre civile qui risquerait d'embraser toute la région (…) nous devons faire tout notre possible pour éviter les violences de masse et agir de manière décisive si elles se produisent », a-t-il averti.

 

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