Soudan du Sud: le Conseil de sécurité proroge le mandat de la MINUSS jusqu'au 31 juillet 2016

15 décembre 2015

Profondément alarmé et préoccupé par l'aggravation de la crise politique, sécuritaire et humanitaire au Soudan du Sud, déchiré par un conflit depuis deux ans, le Conseil de sécurité a prorogé mardi jusqu'au 31 juillet 2016 le mandat de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS).

Par la résolution 2252 (2015), adoptée par 13 voix pour et 2 abstentions (Fédération de Russie et Venezuela), le Conseil se déclare également décidé à envisager « toutes les mesures voulues contre ceux dont les agissements remettent en cause la paix, la stabilité et la sécurité au Soudan du Sud », y compris ceux qui font obstacle à l'application de l'Accord de cessation des hostilités et de « l'Accord pour le règlement du conflit » dans ce pays.

L'Accord de cessation des hostilités a été accepté et signé, le 23 janvier 2014, par le Gouvernement sud-soudanais et le Mouvement/l'Armée populaire de libération du Soudan (M/APLS) dans l'opposition, dont la rivalité a fait basculer dans un conflit armé le plus jeune État Membre de l'Organisation des Nations Unies, issu de sa sécession avec le Soudan en 2011. Mais il est resté lettre morte.

Dans le préambule de la présente résolution, le Conseil considère en outre qu'en signant, le 17 août dernier, l'Accord pour le règlement du conflit, le Président du pays, Salva Kiir, le Président du Mouvement/Armée populaire de libération du Soudan (M/APLS) dans l'opposition, Riek Machar, et le représentant des anciens détenus, Pagan Amum Okiech, se sont « engagés » à l'appliquer, « sans exception ».

Désormais porté à hauteur de 13.000 militaires et de 2.001 policiers, l'effectif de la MINUSS est autorisé par le Conseil, en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, à « user de tous les moyens nécessaires » pour protéger les civils sous la menace de violence physique, particulièrement les femmes et les enfants.

Le Conseil demande ainsi à la Mission de mettre en œuvre une « stratégie d'alerte rapide », notamment pour riposter aux menaces ou attaques contre les civils. Elle devra aussi créer les conditions de sécurité propices à terme au retour volontaire des personnes déplacées –près de 2,4 millions– et des réfugiés.

Il est également demandé à la Mission d'« intensifier » sa présence et de patrouiller plus activement dans les zones à risque de conflit élevé et à forte concentration de personnes déplacées et de réfugiés, notamment dans le cadre de l'exécution de sa stratégie d'alerte rapide, « aussi bien dans les zones contrôlées par le Gouvernement que dans celles contrôlées par l'opposition ».

De son côté, le Secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon, est prié d'élaborer, au plus tard pour le 15 janvier 2016, un plan visant à ce que la MINUSS prenne les mesures voulues pour prévenir l'escalade de la violence à Djouba et alentour afin d'y protéger efficacement les civils et les infrastructures essentielles.

Expliquant l'abstention de sa délégation lors du vote, le représentant de la Fédération de Russie s'est dit préoccupé par certaines dispositions de la résolution, en particulier celle relative à la menace de sanctions. Son homologue du Venezuela a pointé, pour sa part, la référence qui est faite dans le texte au « tribunal mixte pour le Soudan du Sud », prévu par l'Accord pour le règlement du conflit.

 

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