Népal : l'ONU alarmée par les incidents le long de la frontière indienne

24 novembre 2015

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) s'est dit alarmé mardi par des informations selon lesquelles quatre personnes ont été tuées et de nombreuses autres blessées dans de violents affrontements survenus pendant le weekend dans la région de Terai, dans le sud du Népal.

Avec ces derniers incidents, le bilan des victimes depuis le début en août des manifestations contre la nouvelle Constitution népalaise est d'au moins 50 morts, a précisé une porte-parole du HCDH, Ravina Shamdasani, lors d'un point de presse.

Elle a souligné que des informations contradictoires circulaient au sujet de ces derniers événements. Selon certaines d'entre elles, des manifestants qui protestaient devant le poste de police du district de Saptari ont lancé des pierres et exercé des violences contre les policiers, qui ont alors riposté en tirant à balles réelles.

Selon d'autres informations, des manifestants blessés ont été transportés à l'hôpital régional de Sagarmatha et des policiers ont pénétré dans l'hôpital et agressé les manifestants ainsi que le personnel hospitalier.

« Il est clair qu'une enquête indépendante est nécessaire pour établir les faits et pour traduire les auteurs de violences en justice », a déclaré Mme Shamdasani. « Nous avons exhorté les autorités népalaises à s'assurer que les normes nationales et internationales sur le recours approprié à la force soient pleinement respectées par les forces de sécurité. Malheureusement, il ne semble pas que cela ait été le cas et de nouvelles vies ont été perdues. Les manifestants doivent également renoncer à la violence », a-t-elle ajouté.

Les manifestants, qui appartiennent au groupe ethnique Madeshi, demandent que leurs préoccupations soient prises en compte dans la Constitution. Ils ont entamé une campagne de grèves et de blocages des routes le long de la frontière indo-népalaise. Le 8 novembre, la Commission nationale des droits de l'homme du Népal a émis un rapport sur cette crise dans lequel elle note que la pénurie de carburant, de gaz de cuisson, de médicaments, de denrées alimentaires et d'autres biens essentiels résultant de cette situation a un impact profond sur la vie dans le pays.

« Nous soulignons que tout blocage de l'approvisionnement en denrées et services essentiels constitue une grave violation du droit humanitaire international, y compris du droit à la vie », a déclaré la porte-parole. « Nous appelons toutes les parties impliquées des deux côtés de la frontière indo-népalaise à assurer immédiatement le passage effectif, sûr et rapide de ces denrées », a-t-elle ajouté.

Elle a également appelé toutes les parties à « engager un dialogue véritable, inclusif et ouvert et à créer un climat dans lequel les minorités et les points de vue dissonants puissent être entendus ».

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.