Balkans : les nouvelles restrictions aux frontières rendent la situation intenable, selon l'ONU

20 novembre 2015

Les nouvelles mesures restrictives instaurées à leurs frontières par plusieurs Etats dans les Balkans contre les mouvements de réfugiés et de migrants en provenance de la Grèce rendent la situation humanitaire intenable, ont déclaré vendredi le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

« Ces mesures décidées par certains États créent des tensions aux frontières ainsi qu'un effet de domino, laissant dans l'incertitude totale des réfugiés et migrants bloqués à différents points de passage frontaliers », a souligné un porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d'un point de presse à Genève.

Le HCR, l'OIM et l'UNICEF estiment qu'il est urgent d'augmenter les voies légales pour l'accès en Europe des personnes déracinées par les conflits violents, au travers de programmes de réinstallation, d'admission pour motif humanitaire et de regroupement familial. Ils ont appelé les États concernés à rétablir les mécanismes de coordination et de réponse convenus lors du Sommet de l'ouest des Balkans le 8 octobre dernier et lors de la réunion des dirigeants le 25 octobre.

Le HCR et l'OIM travaillent avec les gouvernements pour accroître la capacité d'accueil et installer des équipements contre les conditions hivernales dans les pays touchés, alors que l'arrivée d'un temps hivernal est prévue pour ce week-end.

L'UNICEF soutient l'établissement d'espaces pour les enfants dans les centres d'accueil aux points de passage frontaliers sur les itinéraires de traversée des Balkans, pré-positionne du matériel d'équipement contre les conditions hivernales et travaille avec les gouvernements afin de renforcer les dispositifs de protection au bénéfice de tous les enfants, y compris les enfants réfugiés et migrants.

« Toutefois, nous restons préoccupés par la pénurie de places d'hébergement pour les personnes en déplacement en cas de ralentissement des mouvements avec, par conséquent, des conditions de surpeuplement », a indiqué Adrian Edwards.

Selon l'ONU, il est urgent d'établir des capacités d'accueil supplémentaires au niveau des points d'entrée afin d'assurer un logement décent et approprié, le respect des normes de protection de l'enfance, l'assistance, l'enregistrement et l'examen des cas de milliers de personnes arrivant chaque jour.

« Tant qu'un dispositif robuste pour la réception et que des capacités suffisantes pour l'examen des cas ne sont pas mis en œuvre, seuls des réseaux de passeurs sans scrupules contrôlent la situation. Leur activité a déjà coûté la vie de près de 3.500 personnes en mer Méditerranée cette année », a déclaré le porte-parole du HCR.

« Il faut trouver rapidement une solution globale à ces problèmes, sinon les itinéraires se multiplieront et des problèmes supplémentaires apparaitront. Il faut mener davantage d'opérations de répression contre les passeurs et les trafiquants d'êtres humains – tout en assurant la protection à leurs victimes », a-t-il ajouté.

 

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