Burundi : l'ONU, l'Union africaine et l'Union européenne déterminées à éviter une aggravation de la situation

12 novembre 2015

Alarmées par l'aggravation de la crise politique au Burundi, l'ONU, l'Union africaine et l'Union européenne ont promis jeudi de faire tout leur possible pour éviter une dégradation supplémentaire de la situation dans ce pays.

Participant à un Sommet sur les migrations à La Valette, à Malte, le Vice-Secrétaire général de l'ONU, Jan Eliasson, la Présidente de l'Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, et la Haut-Représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, ont discuté du Burundi et ont publié un appel conjoint.

« Alarmés par les divisions croissantes, la menace qui pèse sur de nombreuses vies et une crise régionale qui s'aggrave, nous avons promis de travailler étroitement ensemble et de mobiliser tous nos moyens et instruments pour éviter une aggravation supplémentaire de la situation », ont dit les trois hauts responsables dans cet appel conjoint publié à l'issue de cette rencontre.

« Nous avons convenu qu'il était urgent d'organiser une réunion entre des représentants du gouvernement et de l'opposition burundaises à Addis-Abeba ou à Kampala, sous l'égide du Président Museveni », ont-ils ajouté.

Selon M. Eliasson, Mme Dlamini-Zuma et Mme Mogherini, « aucun effort ne peut être épargné pour parvenir à une fin de la violence et favoriser une solution politique ».

Lors d'une réunion jeudi sur la situation au Burundi, le Conseil de sécurité a adopté une résolution dans laquelle il « engage le gouvernement burundais et toutes les parties à rejeter toute former de violence et exige de toutes les parties au Burundi qu'elles s'abstiennent de tout acte qui mettrait en péril la paix et la stabilité dans le pays ».

Les membres du Conseil ont exhorté le gouvernement burundais « à protéger et garantir le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour tous, conformément aux obligations internationales qui sont les siennes, à adhérer à l'état de droit et à faire preuve de transparence pour ce qui est d'amener les responsables à répondre des actes de violence, et à coopérer pleinement avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme dans l'exécution de son mandat ».

Le Conseil de sécurité s'est félicité de la décision prise par le Secrétaire général de désigner un Conseiller spécial pour la prévention des conflits, y compris au Burundi, pour mener et coordonner l'action de l'ONU face à la situation dans ce pays.

Les membres du Conseil ont enfin déclaré leur intention d'envisager des mesures supplémentaires à l'encontre de tous les acteurs burundais qui, par leurs actes ou leurs propos, concourent à perpétuer la violence et entravent la recherche d'une solution pacifique.

Lundi 9 novembre lors d'une précédente réunion du Conseil consacrée au Burundi, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, avait alerté les membres du Conseil sur le risque d'escalade dans le pays.

« Je pense que les Etats membres, et ce Conseil, peuvent intervenir pour empêcher la répétition des horreurs du passé », avait dit M. Zeid, soulignant le nombre croissant d'exécutions extrajudiciaires au cours des derniers mois, les allégations crédibles de l'usage de la torture et les centaines de milliers de déplacés et de réfugiés fuyant la violence.

 

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