Myanmar : l'ONU appelle les dirigeants à apaiser les tensions à quelques jours des élections

4 novembre 2015

Le Conseiller spécial du Secrétaire général de l'ONU pour la prévention du génocide, Adama Dieng, et la Conseillère spéciale pour la responsabilité de protéger, Jennifer Welsh, ont appelé mercredi le gouvernement du Myanmar à prendre toutes les mesures envisageables pour faire en sorte que les élections générales de dimanche se déroulent dans le calme.

Dans un communiqué de presse conjoint, les Conseillers spéciaux se sont déclarés préoccupés par la politisation des questions liées à l'ethnicité et à la religion durant la campagne électorale, au mépris de l'article 364 de la Constitution de la République de l'Union du Myanmar de 2008.

« La promotion d'un agenda politique basé principalement sur la protection d'une religion spécifique ou d'un groupe ethnique en particulier est dangereuse, à plus forte raison dans un pays aussi riche et diversifié que le Myanmar », ont-ils déclaré.

M. Dieng et Mme Welsh ont en outre tiré la sonnette d'alarme face aux rapports faisant état d'une montée de l'incitation à la haine religieuse contre la minorité musulmane du pays de la part de certains groupes et leaders religieux, mais également de membres de partis politiques.

Tout en reconnaissant l'importance des élections pour le processus démocratique au Myanmar, les Conseillers spéciaux ont exprimé leur inquiétude face au risque que le processus électoral aboutisse à une plus grande marginalisation des minorités religieuses, en particulier les Musulmans rohingyas.

« Au cours des derniers mois, les Rohingyas ont été privés de leur droit de vote ; leur liberté d'association a été réduite, ce qui les empêche de former ou de joindre des partis politiques ; et leurs représentants ne sont plus autorisés à se présenter pour des sièges au Parlement », ont déploré M. Dieng et Mme Welsh, déclarant que cette volonté de réduire les Rohingyas au silence remet en cause l'intégrité de l'ensemble du processus électoral.

Les Conseillers spéciaux ont rappelé les discriminations institutionnalisées auxquelles sont soumis les Rohingyas depuis des décennies et, plus récemment, les quatre projets de loi visant, selon eux, à discriminer davantage les minorités religieuses au profit du mouvement ultra-nationaliste bouddhiste.

M. Dieng et Mme Welsh ont par conséquent demandé au gouvernement du Myanmar de prendre toutes les mesures envisageables pour faire en sorte que les élections se déroulent dans un climat de liberté, de respect mutuel et de paix.

« À cette fin, nous exhortons le gouvernement à condamner publiquement tout discours incitant la population à la discrimination, à l'hostilité et à la violence sur une base religieuse ou ethnique et à prendre des mesures contre les responsables », ont-ils déclaré.

Les Conseillers spéciaux ont également invité les futurs vainqueurs des élections à s'engager en faveur de la démocratie, de l'état de droit et des droits de l'homme.

 

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