A Genève, le chef des droits de l'homme de l'ONU appelle Israël et la Palestine à mettre fin aux violences

28 octobre 2015

A l'occasion de la venue mercredi à Genève du Président palestinien Mahmoud Abbas, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a appelé les Israéliens et les Palestiniens à mettre fin de toute urgence aux violences actuelles, alimentées par la peur réciproque que s'inspirent les parties.

« La violence entre Palestiniens et Israéliens nous rapproche de plus en plus de la catastrophe, si nous ne parvenons pas à y mettre immédiatement un terme », a déclaré M. Zeid devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, dans le cadre d'une réunion spéciale sur la situation au Proche-Orient, durant laquelle le Président Abbas était également invité à s'exprimer.

Le Haut-Commissaire a rappelé que la dernière vague de violence dans la région a fait 58 morts et 2.100 blessés du côté palestinien, et 11 morts et 127 blessés du côté israélien.

« Certains d'entre eux ont été poignardés, tués par balle, voire même battus à mort par la foule, aussi bien des Israéliens que des Palestiniens », a déploré M. Zeid.

Plusieurs Palestiniens ont été tués par les forces de l'ordre israéliennes, qui auraient fait dans certains cas un usage disproportionné de la force, « au point qu'elles sont fortement suspectées d'avoir procédé à des exécutions sommaires », a-t-il précisé, ajoutant que durant des manifestations en Cisjordanie et le long de la clôture de sécurité israélienne à la frontière de Gaza, les forces de l'ordre israéliennes auraient tiré à balles réelles contre les manifestants, tuant ainsi plusieurs Palestiniens.

« Les attaques au couteau et à la voiture-bélier prenant pour cible des Israéliens sont également totalement injustifiables. Peu importe les griefs des deux côtés, la violence ne peut pas être la réponse », a affirmé le Haut-Commissaire.

Cette flambée de violence, alimentée par la peur réciproque que s'inspirent les parties, est d'autant plus susceptible d'aboutir à une catastrophe que la question du maintien du statu quo concernant les lieux saints de Jérusalem-Est est extrêmement sensible, a indiqué M. Zeid.

« La peur des Palestiniens et du monde arabe et musulman en général a trait à l'agressivité croissante perçue dans l'attitude des Israéliens, qui suggère fortement une volonté de modifier le statu quo. Le gouvernement israélien dit que cette crainte est infondée et estime que les rumeurs ont enflammé les passions, malgré les assurances répétées par le Premier ministre d'Israël que l'esplanade des Mosquées n'est pas menacée. A l'inverse, le gouvernement israélien craint que les Palestiniens attisent le ressentiment et la colère pour inciter à la violence contre Israël et les Israéliens », a expliqué M. Zeid.

Pour mettre fin à cette situation, le Haut-Commissaire a appelé à mettre un terme à toutes les formes de violence, y compris les attaques au couteau et à la voiture-bélier, les activités des colons israéliens dans tout le territoire palestinien occupé et en particulier à Jérusalem-Est et l'usage excessif de la force par l'armée et la police israélienne. Le blocus de Gaza doit également être levé, a-t-il ajouté.

« La peur doit céder la place à la sagesse », a déclaré M. Zeid.

S'exprimant devant le Conseil, le Président palestinien Mahmoud Abbas a quant à lui déclaré que la situation des droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés, y compris à Jérusalem-Est, n'a jamais été aussi dramatique depuis1948, en raison de la poursuite de l'occupation israélienne et notamment de sa politique de colonisation.

« Nous aimerions insister sur le fait que la paix, la sécurité et la stabilité ne pourront pas être achevées tant qu'Israël ne mettra pas un terme à son occupation et que l'indépendance de la Palestine ne sera pas obtenue, avec Jérusalem-Est pour capitale et selon le tracé des frontières du 4 juin 1967, en accord avec les résolutions internationales légitimes ; et qu'elles ne pourront pas être achevées par l'utilisation injustifiée de la force, la colonisation, les châtiments collectifs, les démolitions d'immeubles, les exécutions sommaires, le déni de l'autre, le tout en bafouant la dignité de notre peuple et en propageant le poison de la haine et de l'inimitié à son encontre », a déclaré M. Abbas.

Le Président palestinien a ainsi rejeté la responsabilité des violences actuelles sur les violations répétées des droits de l'homme et du droit international dont s'est rendu selon lui coupable Israël.

 

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