Le Premier ministre grec appelle à une discussion au sein de l'ONU sur la restructuration de la dette

1 octobre 2015

Le Premier ministre de la Grèce, Alexis Tsipras, a appelé jeudi les Etats membres à entamer une discussion autour du thème de la restructuration de la dette dans le but de favoriser la croissance économique et de prévenir les stratégies d'austérité.

Dans son discours à l'Assemblée générale des Nations Unies, M. Tsipras a rappelé que la crise économique de 2008 avait durement touché son pays, en raison des faiblesses structurelles de l'économie grecque, de sa dette élevée et de son déficit budgétaire.

Le Premier ministre a dénoncé le fait que la « recette néolibérale que nous avons été sommés, avec d'autres pays, d'appliquer, se soit soldée par un coût social dévastateur et n'ait fait que contribuer davantage à notre crise économique et fiscale, au lieu d'y mettre fin ».

En dépit des pressions exercées par certains pour que la Grèce quitte la zone Euro, le pays a donné son accord à un nouveau programme de stabilisation comprenant des réformes destinées à stabiliser son économie, a poursuivi le Premier Ministre.

« Malheureusement, ce programme s'accompagne de mesures qui ne feront qu'alourdir le fardeau qui pèse sur les épaules de la société grecque », a-t-il regretté.

Ces mesures auraient cependant pu être évitées au moyen d'une discussion préalable sur la restructuration de la dette, a-t-il estimé, tout en appelant les Etats membres et l'Assemblée générale des Nations Unies à entamer un tel débat, afin de favoriser la croissance économique et prévenir les stratégies d'austérité.

En tant que point d'entrée des migrants et réfugiés en Europe, a par ailleurs rappelé M. Tsipras, la Grèce est en première ligne d'une autre crise européenne.

Selon le Premier ministre, 300.000 migrants et réfugiés sont arrivés dans le pays depuis le début de l'année, principalement en provenance de Syrie et d'Afghanistan, avec pour objectif de se rendre dans des pays d'Europe occidentale.

Malgré ses difficultés économiques, la Grèce a fait preuve de solidarité envers ces nouveaux arrivants, a noté M. Tsipras.

« Nous ne pouvons croire que l'avenir de l'Europe et du monde soit fait de murs toujours plus haut et d'enfants qui viennent mourir à nos portes », a-t-il déclaré, en référence notamment au choc provoqué par la diffusion dans la presse mondiale de la photographie du corps retrouvé sans vie sur une plage turque d'Aylan Kurdi, un enfant syrien de trois ans qui fuyait la guerre avec sa famille..

Le Premier ministre grec a par conséquent appelé à mettre en œuvre un mécanisme onusien de réinstallation des réfugiés se trouvant dans les pays voisins de la Syrie.

 

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