Liban : l'ONU appelle à un soutien financier accru et exhorte les dirigeants libanais à mettre fin à la crise politique

30 septembre 2015

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé mercredi la communauté internationale à accroître son assistance, notamment financière, au Liban afin de l'aider à préserver sa stabilité, tout en exhortant les dirigeants libanais à tout faire pour sortir au plus vite de la crise politique actuelle.

Lors d'une réunion du Groupe international d'appui au Liban en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, M. Ban a remercié les membres de ce groupe pour leurs efforts en vue de promouvoir un soutien accru à la souveraineté et aux institutions du Liban, à ses forces armées et aux réfugiés et aux communautés vulnérables qui se trouvent sur son sol.

« La réponse a été substantielle. Je me félicite du soutien généreux des donateurs – mais cela n'est pas à la hauteur des besoins exceptionnels du pays », a-t-il dit.

Notant que les réfugiés syriens constituent aujourd'hui 25% de la population du Liban, M. Ban a affirmé que le pays avait besoin de « davantage d'assistance pour ses institutions locales, notamment pour les municipalités qui doivent continuer à fournir les services de base et maintenir un environnement pacifique pour les réfugiés et les communautés hôtes ». « Les droits et la sécurité des réfugiés qui ont fui vers le Liban doivent continuer d'être garantis », a-t-il dit.

Mais pour cela, a-t-il déploré, « les ressources sont insuffisantes ». « Les besoins sont en augmentation. Si nous ne comblons pas ce fossé, cela aura des conséquences considérables pour la région et au-delà », a-t-il averti.

M. Ban, saluant la détermination du Groupe à plaider pour une assistance accrue pour le Liban, s'est félicité de la décision du Conseil européen d'injecter environ un milliard d'euros dans les entreprises humanitaires de l'ONU dans les pays qui font face à la crise des réfugiés syriens, dont le Liban.

Le Secrétaire général a dit apprécier l'important soutien apporté aux Forces armées et aux autres forces de sécurité du Liban. « L'armée libanaise a pu se déployer en force le long de la frontière orientale du pays pour éviter que la guerre en Syrie ne déborde » en territoire libanais et « aujourd'hui, elle est mieux équipée pour faire face au risque accru de terrorisme résultant de la crise régionale », a-t-il dit. Invitant le Groupe à réitérer la détermination de la communauté internationale à aider le Liban à défendre ses frontières et protéger son peuple, il a « encouragé les partenaires bilatéraux à apporter promptement leur soutien là où les Forces armées libanaises en ont le plus besoin afin de répondre efficacement aux menaces sécuritaires ».

Mais M. Ban a souligné que le soutien international au Liban « ne peut contribuer à une stabilité durable que si les institutions de l'Etat fonctionnent, notamment le Gouvernement et le Parlement ». « L'absence d'un Président depuis 16 mois aggrave la polarisation, paralyse les prises de décision gouvernementales et suscite un mécontentement compréhensible parmi la population », a-t-il souligné.

Cette impasse politique « sape la stabilité et limite l'impact de l'aide internationale ». « Le soutien de ce Groupe exige de l'action de la part des dirigeants libanais afin de résoudre sans plus tarder la crise politique », a-t-il insisté, en espérant que le Groupe « leur lancera un appel clair à adhérer à la Constitution, faire passer la stabilité du pays avant la politique partisane et faire preuve du leadership nécessaire pour élire un Président sans plus tarder ».

Lors de sa réunion, le Groupe a largement suivi les recommandations de M. Ban et a exprimé sa « profonde préoccupation concernant la vacance depuis 16 mois du poste de Président de la République », selon un communiqué de la présidence du Groupe.

« Le Groupe a appelé tous les dirigeants libanais à adhérer à la Constitution, à l'accords de Taef et au Pacte national, à faire passer la stabilité et l'intérêt national du Liban avant la politique partisane et à agir de manière responsable et sens du leadership et du compromis pour réunir d'urgence une session du parlement et procéder à l'élection d'un Président », déclare le communiqué.

Outre le Liban, représenté par son Premier ministre Tammam Salam, les participants à la réunion du Groupe d'appui étaient la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l'Allemagne, l'Italie, l'Union européenne et la Ligue des Etats arabes.

 

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