Sri Lanka : le chef des droits de l'homme de l'ONU salue l'attitude plus constructive du nouveau gouvernement

30 septembre 2015

Le chef des droits de l'homme des Nations Unies, Zeid Ra'ad Al Hussein, a salué mercredi l'attitude plus constructive du nouveau gouvernement du Sri Lanka s'agissant de la lutte contre l'impunité concernant les crimes commis pendant la guerre civile.

« Il s'agit d'un moment d'espoir énorme. Le Sri Lanka peut finalement mettre fin au cycle d'impunité qui a marqué son passé pendant si longtemps », a dit M. Zeid lors d'un exposé par vidéoconférence devant le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies réuni à Genève.

Le 16 septembre, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) avait publié un rapport selon lequel des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité ont probablement été commis par les deux parties au conflit au Sri Lanka entre 2002 et 2011.

Le document recommandait la création d'une cour hybride spéciale composée de juges, procureurs, avocats et enquêteurs internationaux pour faire toute la lumière sur ces crimes. Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, s'était félicité des conclusions de ce rapport sur la promotion de la réconciliation, de la responsabilité et des droits de l'homme au Sri Lanka.

« Le contexte dans lequel ce rapport est présenté est très différent de celui où il a été commandé. L'élection d'un nouveau président et d'un nouveau gouvernement sur une plateforme centrée sur la bonne gouvernance, les droits humains et la primauté du droit est une occasion historique de lutter contre les graves violations des droits humains qui ont ravagé le Sri Lanka », a dit mercredi M. Zeid en présentant le rapport aux membres du Conseil des droits de l'homme.

Le chef des droits de l'homme de l'ONU s'est félicité des meilleures relations entre le nouveau gouvernement élu début 2015 et le HCDH, alors que le précédent gouvernement avait rejeté catégoriquement l'enquête commandée par le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies et refusé tout accès et toute coopération.

Certes, a-t-il noté, le nouveau gouvernement n'a pas modifié la position du Sri Lanka sur la coopération avec l'enquête et n'a pas non plus admis une équipe d'enquête dans le pays. « Cependant, il a discuté de manière plus constructive avec moi et mon bureau sur les options possibles pour un processus de réconciliation qui permette aux responsables de rendre des comptes », a souligné M. Zeid.

Malgré cette bonne volonté affichée, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a estimé que le système de justice pénale du Sri Lanka « n'est actuellement pas équipé pour mener une enquête indépendante et crédible sur les allégations de cette ampleur ou pour demander des comptes aux responsables de ces violations ».

« Voilà pourquoi j'ai recommandé la création d'un tribunal spécial hybride ad hoc, intégrant des juges internationaux, des procureurs, des avocats et des enquêteurs, mandatés pour juger notamment les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité », a souligné le Haut-Commissaire.

 

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