Malgré les défis, l'UE reste fidèle à ses valeurs, déclare le Président du Conseil européen

29 septembre 2015

Le Président du Conseil européen, Donald Tusk, a assuré mardi à la communauté internationale que l'Europe était « aussi fidèle que jamais à ses valeurs et à ses objectifs » malgré les défis auxquels elle est confrontée, en particulier la crise des réfugiés et des migrants.

« L'Europe va garder le cap, même si aujourd'hui elle est confrontée à des défis tels qu'elle n'en avait pas vus depuis des décennies », a déclaré M. Tusk devant l'Assemblée générale de l'ONU.

« Des guerres font rage au sud et à l'est de nos frontières ; les dirigeants européens font face aux conséquences de changements de frontières imposés sur notre continent par la force, comme en Ukraine, en violation de la Charte des Nations Unies », a-t-il poursuivi. « Nous sommes aussi aux prises avec la crise des réfugiés, avec des attaques terroristes au sein de l'Europe et avec des difficultés économiques dans certains Etats membres ».

Mais, a-t-il assuré, « aussi difficile que soit la situation, je suis sûr que nous y ferons face et, ce qui est très important, que nous resterons en même temps dévoués à l'objectif de rendre le monde meilleur ».

M. Tusk a dénoncé, sans les nommer, les pays qui refusent d'accueillir des réfugiés et des migrants tout en critiquant l'Union européenne (UE) parce qu'elle ferait trop peu dans ce domaine.

« Il existe aujourd'hui un mythe selon lequel l'Europe est la seule région riche sur la Terre. Ceci n'est pas vrai ; il y a d'autres lieux comparables en termes de richesse. Mais pour certaines raisons, les réfugiés et les migrants ne s'y précipitent pas », a-t-il ironisé.

« C'est parce que la richesse n'est pas le seul élément qui détermine où les réfugiés estiment qu'il y a un avenir pour leurs enfants; des valeurs comme la tolérance, l'ouverture d'esprit, le respect pour la diversité, la liberté, les droits de l'homme et la Convention de Genève sont aussi un puissant aimant qui les attire vers nous », a-t-il affirmé.

« Nous refusons de changer dans ces domaines », a assuré M. Tusk. « Si en Europe, nous avons des discussions animées sur les quotas de relocalisation, c'est parce que nous ne sommes pas indifférents » au sort des migrants, « parce que nous voulons être aussi efficaces et inclusifs que possible », a-t-il dit.

Relevant que les quotas « ne sont qu'une fraction de ce que fait déjà l'Europe pour aider ceux qui fuient les guerres et les persécutions », le Président du Conseil européen a noté que « par contre, de nombreux pays représentés ici règlent ce problème de manière beaucoup plus simple : en interdisant totalement l'entrée sur leur territoire des migrants et des réfugiés. C'est pourquoi suggérer que l'Europe est un exemple de mauvais traitement ou d'indifférence envers les demandeurs d'asile relève de la pure hypocrisie ».

En fait, a-t-il poursuivi, « c'est l'inverse qui est vrai, comme on peut le voir d'après la direction de leurs trajets. Personne ne semble vouloir fuir l'Europe, tandis que des personnes venues de toute l'Eurasie et d'Afrique viennent en Europe ». Cette crise, a-t-il affirmé, « a des dimensions mondiales et réclame une solution mondiale. Tout d'abord, elle exige une solidarité mondiale. Tout le monde peut offrir de l'aide aux réfugiés. Et ceux qui ne veulent pas devraient au moins éviter de masquer leur indifférence en critiquant l'Europe sous prétexte qu'elle en fait trop peu ».

Abordant les problèmes de la Syrie et de la lutte contre le terrorisme, M. Tusk s'est félicité du fait que ce dernier objectif soit en train de « gagner le soutien d'alliés nouveaux et très inattendus ». Mais, a-t-il ajouté, « nous ne pouvons ignorer le fait que de nombreux réfugiés fuient le terrorisme d'Etat, dont la Syrie est un exemple dramatique ».

« Aujourd'hui, le cercle des avocats de l'idée selon laquelle (le Président syrien) Bachar al-Assad devrait faire partie d'une transition en Syrie s'élargit », a relevé M. Tusk. « Nous ne pouvons pourtant pas oublier que des millions de personnes ont fui les méthodes horribles qu'il a employées pour stabiliser la Syrie », a-t-il mis en garde. Le seul but d'un plan de paix pour la Syrie « doit être de rendre possible pour les habitants de mener une vie normale dans la région ».

 

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