L'ONU appelle à mettre fin aux discriminations et à la violence contre les gays et lesbiennes

29 septembre 2015

Plusieurs hauts responsables des Nations Unies ont appelé mardi les gouvernements du monde entier à mettre fin aux discriminations et à la violence qui s'exercent dans de nombreux pays contre les lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexués (LGBTI).

« Dans trop de pays, les lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexués sont parmi les membres les plus pauvres et les plus marginalisés de la société », a déclaré le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, lors d'une réunion de haut niveau visant à promouvoir l'intégration des LGBTI, organisée au siège de l'ONU à New York en marge du débat général de la 70ème Assemblée générale de l'Organisation.

« Il y a 17 Objectifs de développement durable [ODD], tous basés sur un seul principe : ne laisser personne de côté », a rappelé M. Ban, en référence aux nouveau Programme de développement des Nations Unies adopté la semaine précédente par les 193 Etats membres. « Nous ne réaliserons cette vision que si nous parvenons à atteindre toutes les personnes, indépendamment de leur identité ou orientation sexuelle », a-t-il ajouté.

En juin dernier, le Secrétaire général a rappelé qu'il s'était rendu à San Francisco pour célébrer le 70ème anniversaire de la signature de la Charte des Nations Unies. Suite à la cérémonie, M. Ban s'est vu décerner le Prix Harvey Milk par la Fondation du même nom, pour la campagne onusienne de défense des droits des LGBTI 'Free&Equal' ('Libres&Egaux').

Ancien conseiller municipal de la ville, Harvey Milk était un homme politique américain connu pour son engagement en faveur des droits des homosexuels. Il a été assassiné avec le maire de San Francisco, George Moscone, le 27 novembre 1978.

« Il y a plus de 30 ans, Harvey Milk a perdu la vie en luttant pour l'égalité […]. En me voyant, vous penseriez que j'ai très peu en commun avec Harvey Milk. Je ne prétendrai jamais être aussi courageux que lui », a déclaré le Secrétaire général, avant d'ajouter : « Pourtant, je suis totalement dévoué à cette cause ».

Se remémorant son enfance en République de Corée, M. Ban s'est souvenu que l'orientation sexuelle ou l'identité de genre ne faisaient pas parti des sujets de conversation d'alors.

« Mais en tant que Secrétaire général des Nations Unies, j'ai appris à en parler, parce que c'est une question de vie ou de mort », a-t-il affirmé.

Le Secrétaire général a ainsi appelé les dirigeants de tous les pays, dont beaucoup continuent de bafouer les droits des LGBTI, à combattre la discrimination à leur encontre.

« Je suis du côté de l'adolescent gay victime d'intimidation ... de la femme transgenre à qui on refuse du travail ... de la lesbienne soumise à une agression sexuelle vicieuse », a déclaré M. Ban.

Parallèlement au discours du Secrétaire général, 12 agences de l'ONU ont lancé mardi un appel conjoint pour mettre fin à la violence et la discrimination contre les LGBTI chez les adultes, les adolescents et les enfants.

« C'est la première fois que tant de membres de la famille des Nations Unies unissent leurs forces pour la défense des droits fondamentaux des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres et intersexuées », ont déclaré les 12 agences, dans une déclaration conjointe, appelant les gouvernements du monde entier à faire davantage pour lutter contre la violence homophobe et transphobe et la discrimination et les abus contre les personnes intersexuées.

La déclaration met en évidence le lien entre les violations des droits de l'homme des LGBTI et les problèmes de santé, l'éclatement familial et l'exclusion sociale et économique des victimes.

Elle propose des mesures spécifiques pour lutter contre la violence et protéger les individus contre la discrimination, y compris le renforcement des procédures d'enquête dans les cas de crimes homophobes, l'interdiction de la discrimination et l'abrogation des lois utilisées pour cibler les personnes sur la base de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.

Cet appel conjoint a été approuvé par 12 agences des Nations Unies, y compris l'Organisation internationale du Travail (OIT), le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), le Programme commun des Nations Unies sur le VIH / sida (ONUSIDA) le Secrétariat, le Programme de développement des Nations Unies (PNUD), l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), le Haut-Commissariat des Nations pour les réfugiés (HCR), le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), ONU-Femmes, le Programme alimentaire mondial (PAM) et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

 

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