L'Afghanistan appelle le Pakistan à cesser de soutenir certains groupes terroristes

29 septembre 2015

Le haut responsable afghan Abdullah Abdullah a demandé lundi soir, à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, que le Pakistan mette fin à la présence sur son sol de sanctuaires et de réseaux de soutien pour des groupes terroristes qui déstabilisent l'Afghanistan.

« Pays en première ligne dans la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme international, l'Afghanistan souffre et son peuple exige des solutions pratiques, vérifiables et durables », a déclaré M. Abdullah, qui a le titre d'« Exécutif en chef de l'Afghanistan ».

« La présence au Pakistan de sanctuaires terroristes et de réseaux de soutien aux terroristes continue de causer des troubles en Afghanistan. Le réseau Haqqani a été identifié comme l'un des principaux coupables et il doit être démantelé comme nous l'avons déjà réclamé dans le passé », a-t-il ajouté.

M. Abdullah a qualifié cette exigence de « légitime » car, a-t-il dit, « notre peuple continue de souffrir du fait que des éléments terroristes entrent en Afghanistan et s'en prennent sans discernement à nos citoyens ». Cette question, a-t-il souligné, « peut être réglée de manière bilatérale, avec des partenaires internationaux dans un rôle de facilitateurs ».

M. Abdullah a cité les récents événements dans son pays, où, a-t-il dit, « au cours des dernières 48 heures, des centaines de militants, parmi lesquels des combattants étrangers, ont organisé des attaques dans la province de Kunduz ». Cette ville du nord de l'Afghanistan a été investie par les Taliban lundi.

Dans un contexte plus large, a poursuivi le responsable afghan, l'Afghanistan « continue d'être victime d'organisations terroristes et d'extrémistes violents, y compris de cellules de type Daech (EIIL) qui tente de prendre pied sur son sol ». Un autre fait est clair pour tous les Afghans, a ajouté M. Abdullah : « sans l'existence de systèmes de soutien extérieurs, d'accès à des armes et à des munitions, à des zones de repos et des hôpitaux, de financement et d'entrainement, toutes composantes d'une collusion stratégique avec de puissants éléments dans notre région, ces hostilités de basse intensité de type guérilla auraient pris fin depuis longtemps ».

« Nous appelons le Pakistan à faire ce que ses responsables nous ont promis il y a quelques mois lorsqu'ils ont accepté de réprimer les organisations terroristes connues – c'est-à-dire les ennemis de l'Afghanistan », a-t-il lancé.

« Nous avons accepté de changer de paradigme dans nos relations et dans notre engagement en faveur de pourparlers de paix avec les Taliban », a encore dit M. Abdullah. « Mais les événements ont pris une tournure inattendue lorsqu'il a été révélé que le chef des Taliban était mort depuis trois ans et que tout cet épisode n'était qu'une imposture. Une perte de confiance peut avoir des conséquences irréparables pour toutes les parties. Nous devons en tirer les leçons », a-t-il averti.

M. Abdullah a également appelé les parties concernées dans la région et les partenaires internationaux de l'Afghanistan à « réaliser la gravité de la situation et à utiliser leurs bons offices ou tout autre moyen efficace pour soutenir notre aspiration à un processus véritable et durable de restauration de la confiance pouvant mener à des discussions avec les Talibans et les membres d'autres groupes armés d'opposition qui le désireraient ».

 

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