Afghanistan : l'ONU appelle les parties à protéger les civils de Kunduz

29 septembre 2015

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a exprimé mardi sa profonde préoccupation face à la situation des droits de l'homme à Kunduz, une ville du nord de l'Afghanistan attaquée la veille par des Talibans.

« La population civile à Kunduz a déjà subi des mois de combats et se trouve désormais en situation de grave danger, alors que des signes très inquiétants indiquent que la violence pourrait s'intensifier », a déclaré M. Zeid dans un communiqué de presse

« Je demande instamment à toutes les parties au conflit de respecter leur obligation, en vertu du droit international humanitaire et des droits humains, de protéger les civils et de prendre toutes les mesures possibles pour empêcher que des civils soient victimes du conflit », a-t-il ajouté, déclarant que la situation à Kunduz menace gravement de remettre en question les progrès réalisés dans le pays pour rétablir la paix, la stabilité et la primauté du droit.

L'attaque a déclenché des combats au sol dans toute la ville entre les Talibans et les forces de sécurité afghanes et les forces pro-gouvernementales ont également mené des frappes aériennes dans certains quartiers de Kunduz, a précisé le Haut-Commissaire. Le personnel onusien en Afghanistan, a-t-il ajouté, a aussi rapporté des combats dans la province de Takhar, qui borde la province de Kunduz.

La Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) et le Bureau des droits humains de l'ONU cherchent actuellement à vérifier les rapports selon lesquels au moins 110 civils ont été tués et blessés à la suite des combats.

Des combats intenses autour de Kunduz entre avril et juin de cette année avaient déjà causé 176 victimes civiles (36 morts et 140 blessés), dont 64% ont résulté des opérations des forces progouvernementales pour contrer l'avance des Talibans.

Suite à leur attaque, une déclaration des Talibans, publiée lundi, se voulait pourtant rassurante, appelant les résidents de Kunduz à poursuivre une vie normale.

Cependant, a constaté M. Zeid, la liberté de mouvement de la population civile a été restreinte en raison de la poursuite des combats, qui a empêché les civils de quitter la ville. Lors de précédentes offensives dans la province de Kunduz, les Talibans avaient imposé des restrictions à la liberté de mouvement et l'accès à l'éducation des femmes et des filles, a également précisé le Haut-Commissaire.

Pour l'heure, a noté M. Zeid, les Talibans auraient pris le contrôle de l'hôpital principal de la ville, d'installations gouvernementales et de locaux des Nations Unies. Les Talibans, a-t-il ajouté, ont également libéré environ 700 détenus de la prison de la province.

« Nous sommes conscients que les dirigeants talibans se sont engagés à protéger la vie des civils et préserver leurs biens, mais il existe des signes inquiétants que ces engagements ne sont pas respectés », a déclaré le Haut-Commissaire, exhortant les deux parties au conflit à prendre toutes les mesures pour protéger les civils.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

Afghanistan : l'ONU condamne une attaque par les Talibans contre la ville de Kunduz

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a condamné lundi une attaque revendiquée par les Talibans contre la ville de Kunduz, dans le nord de l'Afghanistan.