L'ONU préconise des solutions pour combler le fossé entre besoins humanitaires et ressources disponibles

26 septembre 2015

Dans le cadre de la deuxième journée du Sommet des Nations Unis sur le développement durable, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires, Stephen O'Brien, a appelé samedi à combler le fossé grandissant entre les besoins humanitaires et les ressources financières disponibles pour y répondre.

« Nous sommes ici aujourd'hui pour parler d'un système qui n'est pas cassé, certes, mais bel et bien fauché », a déclaré M. O'Brien lors d'une réunion de haut-niveau sur le financement de l'aide humanitaire, à laquelle participaient plusieurs dirigeants mondiaux, hauts responsables de l'ONU et membres de la communauté humanitaire.

« L'aide humanitaire était à l'origine censée être une mesure temporaire, un kit de premiers secours », a-t-il poursuivi. « Mais aujourd'hui, nous constatons que nous continuons à livrer les premiers secours pendant des années, tandis que les causes sous-jacentes des crises ne sont pas traitées ».

Cet évènement avait lieu dans le cadre du Sommet du développement durable qui se déroulait du 25 au 27 septembre au siège de l'Organisation, à New York. La veille, le Sommet s'était ouvert sur l'adoption par les 193 Etats membres de l'ONU du nouveau Programme de développement durable à l'horizon 2030, en présence de dizaines de dirigeants mondiaux.

« Les appels humanitaires ont augmenté de plus de 600% dans la dernière décennie. Les besoins humanitaires globaux se situent désormais autour de 20 milliards de dollars », a indiqué M. O'Brien, parallèlement aux discussions sur le nouveau Programme qui se poursuivaient samedi dans l'enceinte de l'Assemblée générale des Nations Unies.

Tirant la sonnette d'alarme quant au manque de financement de l'aide humanitaire et aux besoins grandissants, le Secrétaire général adjoint a déclaré que la plupart des fonds perçus en 2015 seront alloués à seulement cinq crises prolongées, à savoir la Syrie, l'Iraq, le Soudan du Sud, la République centrafricaine et la République démocratique du Congo (RDC).

M. O'Brien a fait remarquer que dans certains cas, les organisations humanitaires sont devenues les pourvoyeurs par défaut de services essentiels, tels que l'accès à l'eau potable, à l'assainissement des eaux, aux soins de santé et à l'éducation.

Afin de trouver des solutions à la situation actuelle, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a créé plus tôt cette année un Groupe de haut niveau sur le financement humanitaire.

Coprésidé par la Vice-présidente de la Commission européenne, Kristalina Georgieva, de la Bulgarie, et par le Sultan Nazrin Shah, de la Malaisie, ce Groupe est chargé d'identifier des solutions pour combler le fossé grandissant entre les ressources disponibles et les besoins de financement des efforts humanitaires.

Le chef humanitaire de l'ONU a déclaré qu'il attendait des recommandations « audacieuces et visionnaire » de la part du Groupe, dont les travaux viendront compléter d'autres processus actuellement en cours, y compris la Conférence sur le changement climatique qui se tiendra à Paris en décembre et le Groupe de haut niveau sur la riposte mondiale aux crises de santé.

« La gestion des risques est la pierre angulaire de tous ces processus », a affirmé le Secrétaire général adjoint, précisant que le succès de l'ensemble de ces initiatives dépendra de la capacité à réaliser les bons investissements pour atténuer les risques et se préparer aux crises.

M. O'Brien a également mentionné que l'ONU tente actuellement d'adapter son modèle d'appel de fonds annuel, afin de l'inscrire dans une perspective à plus long terme et faire preuve de plus de souplesse dans l'assurance des risques, les prêts et les soutiens budgétaires.

L'Organisation tente également de mieux cibler les bénéficiaires de l'aide humanitaire, a indiqué le Secrétaire général adjoint.

« Nous sommes déterminés à ce que l'aide aille là où elle est la plus nécessaire, même si le manque d'infrastructures et les voies d'approvisionnement limitées rendent cette tâche difficile », a-t-il déclaré.

M. O'Brien a également appelé à surmonter la réticence de longue date à financer de petits groupes locaux en raison notamment des difficultés de suivi.

« Les groupes locaux, y compris les organisations de femmes, sont essentiels pour renforcer la résilience, et sont le meilleur moyen d'avoir un impact durable sur les communautés que nous servons », a affirmé le Secrétaire général adjoint.

 

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