L'ONU salue les mesures de l'Europe pour stabiliser la crise des réfugiés et appelle à en faire plus

24 septembre 2015

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a salué jeudi la décision du Conseil européen d'allouer des fonds, pour un montant de un milliard d'euros, aux efforts humanitaires des Nations Unies dans les pays faisant face à la crise des réfugiés syriens, notamment le Liban, la Jordanie et la Turquie.

« Il salue également la décision de réinstaller 120.000 personnes supplémentaires se trouvant en Grèce et en Italie dans le reste de l'Union européenne au cours des deux prochaines années », a dit son porte-parole dans une déclaration à la presse.

Le chef de l'ONU a toutefois souligné que, bien qu'il s'agisse d'un pas dans la bonne direction, davantage d'efforts sont nécessaires pour résoudre les crises et les conflits qui amènent les gens à fuir, notamment en Syrie.

« Le Secrétaire général appelle les dirigeants européens à faire plus pour recevoir et traiter dignement et avec humanité les milliers d'hommes, de femmes et d'enfants en quête de protection en Europe. Il rappelle que les réfugiés, les demandeurs d'asile et les migrants ont des droits inaliénables qui doivent être respectés, y compris le droit de demander l'asile, et que les États doivent respecter leurs obligations internationales, en particulier le principe de non-refoulement », a dit son porte-parole.

Ban Ki-moon a salué les efforts de l'UE pour lutter contre le trafic et la contrebande de réfugiés et de migrants, et l'a appelée à envisager d'augmenter les voies légales et sûres vers l'Europe, afin que les réfugiés et migrants ne tombent pas entre les mains de réseaux criminels et ne se lancent pas dans des voyages périlleux.

« Le Secrétaire général souligne notre humanité commune et rappelle à tous leur part de responsabilité. Il souligne que l'Europe et les pays au-delà doivent mettre à disposition plusieurs nouveaux sites de réinstallation pour fournir aux nombreux réfugiés qui se trouvent dans des camps ou vivent dans des conditions temporaires une solution viable à long terme, lorsqu'un retour sans risque est impossible », a encore dit son porte-parole.

Un peu plus tôt jeudi, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés avait aussi salué la décision prise la veille par l'Union européenne (UE) d'augmenter les fonds alloués à l'aide humanitaire destinée aux pays voisins de la Syrie, qui accueillent des millions de réfugiés ayant fui le conflit dans ce pays, et la décision d'accueillir 120.000 réfugiés supplémentaires dans les pays de l'UE.

« Ce plan de réinstallation ne mettra pas fin au problème, mais nous espérons qu'il sera le début d'une solution », a déclaré dans le, communiqué le Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés, António Guterres, dans un communiqué de presse.

« C'est une étape importante vers la stabilisation de la crise, mais il reste encore beaucoup à faire », a-t-il ajouté, soulignant que ce plan de réinstallation ne pourra fonctionner que si, parallèlement, des structures d'accueil et d'enregistrement sont créées en Grèce et en Italie, les deux principaux points d'entrée des réfugiés et migrants en Europe, où ils arrivent par bateau à une moyenne de 5.000 par jour.

Le HCR a en outre salué l'annonce faite par les dirigeants de l'UE concernant le renforcement de leur soutien financier envers les réfugiés présents dans les pays de premier asile, notamment les Etats voisins de la Syrie, dont est issue une grande partie des réfugiés arrivant actuellement en Europe.

« Beaucoup de situations d'urgence de réfugiés au Moyen-Orient et en Afrique manquent cruellement de fonds, ce qui laisse les réfugiés dans des conditions si désastreuses que beaucoup choisissent de partir », a indiqué M. Guterres. « Ces personnes vont continuer de rechercher la sécurité et la survie ailleurs tant que les causes profondes des déplacements forcés ne seront pas abordées ».

Concernant le renforcement du contrôle des frontières extérieures de l'UE, le HCR a de nouveau insisté pour que la gestion des frontières respecte aussi bien le droit national des Etats européens que le droit international, y compris le droit des demandeurs l'asile.

Le HCR s'est par ailleurs déclaré déçu face à l'absence de proposition allant au-delà d'une mesure exceptionnelle de réinstallation des réfugiés, notamment afin d'élargir les voies légales et sécurisées de migration en Europe.

L'agence estime en effet qu'un réfugiés syriens sur 10, soit 400.000 personnes au total, pourraient bénéficier de telles mesures.

 

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