ENTRETIEN : « Au bout du compte, chaque vie sauvée représente un exploit » – le chef de l'humanitaire de l'ONU, Stephen O'Brien

21 septembre 2015

Depuis sa prise de fonctions en tant que Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence des Nations Unies en mars dernier, Stephen O'Brien a été confronté à de nombreux défis humanitaires liés aux conflits au Soudan du Sud, en Iraq, au Yémen et en Syrie.

Fort de plus de 20 ans d’expérience dans le domaine de la diplomatie multilatérale et des campagnes de sensibilisation, en particulier dans la lutte contre le paludisme et les maladies tropicales négligées, ce ressortissant britannique a développé une approche exhaustive de l’aide humanitaire, allant de l’assistance d’urgence aux personnes dans le besoin à l’attention portée au traumatisme psychologique qu’elles subissent, en passant par la nécessité de leur redonner de l'espoir.

Il n’y a pas d’objectif plus noble que celui d’intégrer les équipes de secours humanitaire et d’offrir aux individus l’opportunité de retrouver leur dignité.

Dans un entretien récent avec le Centre d’actualités des Nations Unies, le chef du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) est revenu sur les aspects essentiels de l’action humanitaire, les crises les plus urgentes à l’heure actuelle, l'importance pour les donateurs de rester engagés et les défis auxquels il est confronté au quotidien.

Centre d’actualités de l’ONU : Qu’est-ce qui vous a poussé à accepter votre fonction actuelle ?

Stephen O'Brien : Il n’y a pas d’objectif plus noble que celui d’intégrer les équipes de secours humanitaire et d’offrir aux individus l’opportunité de retrouver leur dignité. En fin de compte,  l'ONU est la plus grande organisation du monde et doit faire preuve d’une immense  volonté afin de répondre aux besoins humanitaires. D’une certaine façon, ce travail recoupe beaucoup de mes expériences passées. J’ai été avocat, industriel, homme politique, ministre britannique et représentant de mon Premier ministre dans le monde en développement. Par conséquent, il s’agit non seulement d’une suite logique, mais aussi je suis enthousiaste à l’idée de travailler avec beaucoup de gens brillants, qui font des choses extraordinaires.

Centre d’actualités de l’ONU : Vous n’étiez pas complètement étranger à l'action humanitaire auparavant…

Stephen O'Brien : En parallèle de mon activité professionnelle,  je me suis toujours intéressé à la façon dont les individus participent au développement de leur pays, et ce depuis que je suis étudiant à l'université. Il y a des pays que l’histoire a positionnés à un point de départ différent de celui du monde occidental. Je me suis engagé par le passé dans des programmes de développement. En particulier, j’ai mis l'accent sur la santé publique et sur la grande bataille à livrer contre le paludisme, la maladie qui tue le plus dans le monde et qu’il est pourtant possible d’éviter et de traiter intégralement.

Stephen O'Brien parle de la complicité, du devoir et de l’urgence de fournir une aide humanitaire dans le monde entier. Crédit : ONU

En plus de cette expérience, j’ai eu l’occasion de travailler avec de nombreuses personnes extraordinaires issues du monde entier. Tout d’abord, en tant que parlementaire au Royaume-Uni, j’ai bénéficié d’une plate-forme grâce à laquelle j’ai été en mesure de soutenir et plaider en faveur de l’action humanitaire.

Un peu plus tard, mon rôle s’est étendu au-delà de mes frontières nationales et je suis devenu un défenseur mondial de la lutte pour faire reculer le paludisme. Donner au public la possibilité d’accéder à des soins de santé offrait un bon exemple de la capacité du travail humanitaire à tendre la main à ceux qui sont les plus vulnérables et à faire une différence considérable.

Centre d’actualités de l’ONU : Quelles sont vos impressions sur ce que vous avez vu et ce que vous avez été en mesure d’accomplir dans votre fonction actuelle ?

Stephen O'Brien : Le monde, aux travers de l’ONU et de ses Etats membres, recèle une volonté énorme de répondre aux besoins humains. On le voit clairement durant les catastrophes naturelles et les crises prolongées : des philanthropes, le secteur privé, tous les organismes des Nations Unies, des ONG internationales ou nationales et les gouvernements locaux, tous se mobilisent. La capacité de l'ONU à répondre à ces besoins humanitaires est absolument vitale. Le défi avec les conflits entre parties et la difficulté d’accéder aux personnes dans le besoin.

Alors, quelles sont mes premières impressions ? Au sein du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), nous employons environ 4.000 personnes dans le monde. Je travaille en tant que Secrétaire général adjoint et Coordonnateur des secours d'urgence à New York et à Genève.  Notre mission est d'aider à la coordination et à l’approvisionnement des ressources, ainsi que de veiller à ce que nous nous acquittions de ces tâches de manière optimale. Nous tentons de sauver 80 millions de vies chaque année et nous avons besoin de lever environ 20 milliards de dollars de fonds pour y parvenir. Vous voyez, cela demande énormément de travail, en particulier quand il y a des conflits.

J’ai rencontré des personnes très engagées, dévouées, qualifiées, qui ont des expériences riches et font un travail excellent. La question qui se pose est : comment pouvons-nous mobiliser ces ressources de manière optimale pour répondre à l’augmentation exponentielle des besoins humanitaires d’abris, de nourriture et d’eau potable, de soins de santé de base et d'éducation. Ce sont les principaux enjeux sur lesquels nous nous focalisons. Nous disposons d’une base solide, mais il faut faire encore beaucoup d’efforts.

Centre d’actualités de l’ONU : Qu’avez-vous été en mesure d’accomplir jusqu'à présent. Etes-vous, par exemple,  allé sur le terrain à la rencontre des personnes que vous aidez ou autres ?

Stephen O'Brien : Oui, absolument. Je dois rencontrer et entretenir des relations avec des personnes nombreuses et variées, telles que les donateurs généreux et déterminés, qu’il s’agisse des donateurs traditionnels ou des nouveaux partenariats que nous tentons d’établir. Ils veulent fournir des ressources avec l’aide des Nations Unies aux personnes dans leurs besoins. Ils souhaitent aider ces personnes à avoir plus de dignité et d’opportunités.

Nous tentons de sauver 80 millions de vies chaque année et nous avons besoin de lever environ 20 milliards de dollars de fonds pour y parvenir. Vous voyez, cela demande énormément de travail...

Il est très important de rencontrer ceux qui nous soutiennent en apportant des ressources, mais également les personnes qui en bénéficient. Jusqu’ici, je me suis rendu au Kurdistan iraquien, au Liban et au Soudan du sud, où j’ai observé un changement remarquable grâce au travail de l’ONU. Il est clair que si les efforts de l’ONU ont permis de sauver des milliers de personnes, c’est parce que nous travaillons avec de nombreux partenaires, notamment des ONG, aussi et que sommes capables de nous coordonner pour agir en commun.

Je me rendrai bientôt dans d'autres pays. Certains pays traversent actuellement de graves crises humanitaires, tels que la Syrie, l'Iraq, le Soudan du Sud, le Yémen et la République centrafricaine. Nous devons continuer à maintenir un certain niveau de soins de santé et d’observation en Afrique de l’ouest en raison de la crise d’Ebola. Nous faisons face à une crise prolongée dans de nombreuses régions du Sahel, dans le Nord et l’Ouest de l’Afrique. En outre, nous avons toujours besoin de clore la phase d’assistance d’urgence aux Philippines, en Haïti et au Népal.

Je suis très occupé en ce moment, parce qu’en plus de tout ça, je dois jongler entre New York, où  j’ai une responsabilité de administrative et de dirigeant, Genève, où un grand nombre de personnel de l’OCHA qui accomplit un très bon travail, et dans les grandes villes du monde entier, où nous avons également vocation à renforcer nos partenariats avec nos donateurs. En outre, nous devons nous préparer pour le Sommet humanitaire mondial qui aura lieu l’année prochaine.

Centre d’actualités de l’ONU : Vous vous êtes beaucoup déplacé au cours ces huit ou neuf dernières semaines. Combien de temps êtes-vous resté au siège de l’ONU, à New York ?

Stephen O'Brien : Très honnêtement, je n’ai pas compté, mais cela doit osciller autour de 14 ou 15 jours à New York durant les deux derniers mois. Cela a été une période intensive. Outre le travail, il est très important de rencontrer tous ceux qui nous soutiennent. Le travail humanitaire est toujours  extrêmement complexe, exigeant et urgent. Nous avons besoin de personnes disposant de beaucoup d’expérience, capables de prendre des mesures appropriées face à une situation de crise. Nous essayons de faire au mieux pour trouver les bonnes personnes sur place. La difficulté est de ne pas savoir où les prochaines situations d’urgence vont se produire.

Parallèlement, beaucoup de situations de crise, surtout en cas de conflit, dégénèrent en crises humanitaires prolongées.  Dans ces cas-là, la difficulté n’est pas tant de savoir où les situations d’urgence vont se produire, mais plutôt de tenter de maintenir un niveau de ressource suffisant pour maintenir l’assistance humanitaire dont les gens ont besoin dans le temps. C’est un immense défi, que nous essayons chaque jour de relever.

Centre d’actualités de l’ONU : Est-il important d’aller sur le terrain et de constater en personne l’urgence des besoins ?

Stephen O'Brien : On ne peut pas faire autrement que de constater l’étendu des besoins par soi-même. Nous devons essayer de rencontrer les personnes les plus vulnérables. Mais aussi, il est important que le personnel de l'ONU donne la parole aux personnes qui n’en ont pas, afin de faire entendre leur voix. Ceux qui défendent les personnes dans le besoin doivent être crédibles. C’est la raison pour laquelle nous devons rencontrer ces personnes,  y compris celles qui sont engagées dans un conflit.

Par exemple, j’étais au Soudan du Sud et j’ai eu l’occasion de rencontrer certaines personnes qui venaient des marais. Les gens ne se rendent pas compte qu’une bonne partie du Soudan du Sud est recouverte d'eau la plupart du temps, une eau pas très profonde mais très marécageuse. A cause de ses défis saisonniers, il existe des risques très importants épidémies de paludisme. Un voyage sûr du point de vue sanitaire est difficile à entreprendre lorsqu’on est en fuite. Comme je l'ai dit au Conseil de sécurité l'autre jour, des millions de personnes au Soudan du Sud sont confrontées à un choix extrêmement difficile : fuir ou se faire tuer. Discuter avec eux sur place m’a permis de partager avec eux ce sentiment.

Vous ressentez vraiment la situation quand vous parlez avec les gens sur place, en particulier les femmes et les enfants. Là-bas, c’est aux femmes d’aller trouver de la nourriture, un abri et de l’eau potable pour leurs enfants. Ces personnes subissent des situations absolument atroces alors qu’elles fuient des situations dangereuses. Des milices ou des groupes armés cachés dans les forêts les assaillent. Ils sont pourchassés à travers les marais et souvent utilisés comme armes de guerre.

Cela crée des besoins humanitaires énormes. Des communautés d'accueil généreuses les prennent en charge, même avant que l'ONU ou les ONG puissent les atteindre et établir des camps. Les communautés d'accueil fournissent un abri à ces personnes très vulnérables. Elles utilisent souvent les réserves de graines conservées pour l’année suivante afin de les nourrir, ce qui provoque des besoins humanitaires encore plus grand à long terme. Voilà pourquoi il est si important de reconnaître qu’il appartient au monde entier de chercher à répondre aux crises pour faire en sorte que nous nous montrions vraiment responsables pour les personnes dans le besoin.

Centre d’actualités de l’ONU : Pouvez-vous nous dresser un bilan des principales crises humanitaires actuelles, en commençant par le Yémen ?

Stephen O'Brien : Les problèmes de sécurité sont endémiques au Yémen depuis longtemps. Ce pays doit figurer parmi les priorités des donateurs. Comprendre ce qui s’y passe prend du temps et prendre la mesure des besoins humanitaires nous a pris du temps. Aujourd’hui, 80% de la population yéménite, soit plus de 21 millions d’habitants, a d’une façon ou d’une autre besoin d’une aide humanitaire, ce qui est dû à la résurgence de la violence et de la guerre et implique l’apport d’abris, d’eau potable et de nourriture en quantité suffisante. Ils manquent de soins médicaux. A la base, 80% de la nourriture au Yémen est importées, de même que le carburant nécessaire à la vie quotidienne. Cependant, les importations ne rentrent plus dans le pays à l’heure actuelle. Il est essentiel pour le pays de faire fonctionner ses moulins à céréales et à eau.

Nous nous efforçons d’obtenir un accès pour fournir de la nourriture de base par l’intermédiaire d’ONG locales. Nous sommes en train de discuter des possibilités d’apporter des denrées par voie de mer. C’est une situation très difficile. Nous faisons de notre mieux pour répondre aux besoins des individus dans le besoin. Je ne peux pas vous dire que ces besoins sont satisfaits pour le moment.

Centre d’actualités de l’ONU : Quels sont les défis actuels en Iraq ? Que fait l’OCHA pour y répondre ?

Stephen O'Brien : Je suis allé à Bagdad et à Erbil. Je me suis rendu dans un nouveau camp dans la périphérie de Bagdad où des femmes et des enfants s’étaient réfugiés 20 jours auparavant après avoir fui Ramadi. Au cours de leur fuite, une femme, son mari handicapé et leurs enfants s’étaient retrouvés coincés sur le pont de Bzebiz. Quand j’ai rencontré le mari, il était installé dans une tente séparée au sein du camp. Ils étaient parvenus à échapper à Daesh, alors que des terroristes du groupe étaient venus brûler des maisons à Ramadi. Avant de fuir ces violences, ils avaient également fui une autre ville.

L’ONU doit répondre à la vulnérabilité et à la nécessité dans toutes les conditions.

Le camp, construit par les agences des Nations Unies sous la coordination de l’OCHA, donne aux gens un abri, de l'eau potable et un approvisionnement régulier en nourriture. Bien sûr, toutes les personnes déplacées présentes voulaient retourner dans leur maison, mais elles n’en avaient plus — elles  avaient été brûlées. Leur situation était aggravée par le fait que beaucoup d’entre les personnes venues de Ramadi ne vivaient pas dans la pauvreté avant de quitter la ville. Ils avaient appartenaient à la classe moyenne. Habitués à bénéficier de beaucoup d’avantages matériels, ils traversaient une période de transition psychologique pour s’adapter au fait d'avoir tout perdu.

Leurs besoins humanitaires n’étaient pas différents (ni moindre, ni pire que les besoins de tout le monde quand une crise humanitaire terrible se produit. Mais, dans leur esprit, ils souffraient du contraste entre ce qu'ils avaient eu et la terrible incertitude actuelle, comme s’ils n’avaient aucun espoir en l'avenir. Ceux d'entre nous qui sommes engagés dans l’assistance humanitaire, nous essayons de leur donner non seulement des moyens pour survivre, mais aussi une certaine forme d'espoir. Pour les mères qui doivent s’occuper de leurs enfants et les jeunes qui veulent trouver leur place dans le monde. C’est un aspect vraiment important de l'action humanitaire.

Centre d’actualités de l’ONU : Quelle est la situation actuelle au Soudan du Sud?

Stephen O'Brien : J’avais observé tellement d’espoir chez les habitants du Soudan du Sud suite à l’indépendance de cette plus jeune nation de la planète en 2011. Lorsque j’ai rencontré le Président sud-soudanais Salva Kiir, je luis ai dit que j’étais présent lorsque cet espoir était devenu une réalité, mais que cet espoir est aujourd’hui abîmé par le conflit entre ses militaires et les forces rebelles.  Il règne une grande insécurité dans ce pays, qui n'a pas encore stabilisé ses institutions et n'a connu que des conflits au cours des trois dernières décennies. En raison de la montée saisonnière des eaux dans les zones marécageuses (40% du territoire du Soudan du Sud), les réfugiés fuyant la violence ont besoin humanitaire. Nous devons mettre en place des camps pour protéger les civils contre les deux bords. Nous cherchons à mobiliser des ressources pour s’assurer que les besoins des Sud-Soudanais soient pris en comtpe.

Centre d’actualités de l’ONU : Pouvez-vous parlez de l’importance de coopérer avec ceux qui disposent des ressources nécessaire pour venir en aide aux personnes dans le besoin ?

Stephen O'Brien : Le nombre de personnes disposées à mettre à disposition leurs ressources pour répondre aux besoins humanitaires a augmenté et doit se développer encore davantage. Nous sommes tous plus conscients aujourd’hui de ce qui fait un citoyen du monde. Même si certains ont tendance à avoir une vision des choses en silos, je pense que la plupart des gens reconnaissent l'importance de la sécurité, de l'avenir de notre planète, des besoins humanitaires, et, surtout, de la capacité des économies autonomes.

En tant que citoyen du monde, nous avons la responsabilité de promouvoir la participation des gens à la politique et faire en sorte que leur voix soit entendue. Cela ne devrait pas être réservé à ceux qui sont nés par hasard dans des pays pourvus de systèmes démocratiques et sécurisées. Les bailleurs de fonds dans les pays riches veulent savoir où va leur argent durement gagné. Il est important pour nous de démontrer comment l’argent investit l’humanitaire ici se traduit par des résultats ailleurs, et démontrer ainsi que des résultats humanitaires fantastiques sont obtenus… Nous le faisons à travers nos activités de sensibilisation, les partenariats que nous créons sur place et dans toutes les zones où se produisent les situations d'urgence suite à une catastrophe naturelle ou un conflit.

Le travail est cependant beaucoup plus complexe dans les situations de conflit. Comme nombreux d’entre eux sont des crises prolongées, apporter une assistance durable devient encore plus difficile. Nous devons créer de la confiance  et produire des données fiables. Mon bureau a la responsabilité de s’assurer que nous avons les meilleures données factuelles possibles. Une grande partie de notre autorité provient du fait que nous présentons rapidement les faits, afin que les gens sachent exactement ce qui se passe. Quand on essaie de lever des ressources pour répondre aux besoins, on peut invoquer « l'effet de pipeline » pour illustrer le fait que si l'on met de l'argent dedans, cela va produire un résultat indétournable à un coût raisonnable. Cela met les gens en confiance.

Et nous sommes en train de créer plus de partenariats. En tant qu’organisation internationale, l'ONU doit répondre aux besoins des peuples vulnérables partout où ils se manifestent, peu importe qui ou ce qui en est la cause. Comme l’exige le droit humanitaire international, nous devons agir de manière impartiale. Cela signifie de nous baser d'abord et avant tout sur les faits. Ensuite, nous avons besoin de la confiance des gens pour agir indépendamment. Nous ne pouvons pas être influencés d'une manière ou d'une autre en répondant aux besoins de tous. Instaurer la confiance avec les gouvernements, les donateurs, les philanthropes, les ONG et le secteur privé est très importante pour les agences de l'ONU. Il y a un grand nombre de parties prenantes avec lesquelles nous devons établir et développer des relations de confiance.

Centre d’actualités de l’ONU : Pouvez-vous nous parler du Sommet humanitaire mondiale à Istanbul en 2016 et de ce que vous en attendez ?

Stephen O'Brien : Le Sommet aura lieu du 23 au 24 mai 2016 à Istanbul ... c’est une opportunité formidable d’inciter la nouvelle génération à s’engager auprès de l'ONU et de la famille humanitaires. Une fois que l’idée pour le Sommet a été trouvée, l'ONU a mis en place un processus de consultation très inclusif. En tant que membre de l'équipe de l’OCHA, le secrétariat du Sommet humanitaire mondial vient d’effectuer huit consultations régionales en réunissant les meilleures idées en vue de réaliser un rapport. Ce rapport rassemblera fera une synthèse de toutes les idées et tentera de les ordonner d’une manière cohérente, tout en mettant également en évidence le fait que l'innovation et les techniques ont un impact sur l’humanitaire. Cela va aller crescendo, avec notamment un événement à Genève en octobre lors, au cours duquel tout le monde se rassemblera pour s’assurer que nous avons un bon outil méthodologique. Ensuite, nous ajouterons ce qui ressortira de cet événement au rapport destiné au Secrétaire général. Au début de l'année prochaine, nous allons partager les résultats avec toutes les parties prenantes : les États membres de l’ONU, les donateurs, les personnes concernés, des ONG et toutes autre personne engagée sur la question.

Avec autant d'incertitudes et de défis, les besoins humanitaires sont énormes. Les demandes semblent dépasser notre capacité. Ce sera aux États membres et à tous ceux qui sont engagés de trouver la bonne marche à suivre à Istanbul, une fois que nous aurons une idée sur ce que nous pouvons faire. En raison de ce processus inclusif et de l’examen rigoureux en cours pour identifier certaines problématiques émergentes, ce Sommet sera une occasion formidable de réfléchir à la façon, par exemple, de faire le lien entre le nouveau Programme de développement durable et l’urgence quasi quotidienne du travail humanitaire sur le terrain dans les zones affectées.

Centre d’actualités de l’ONU : Quelle est la nature de l’assistance apportée aux  victimes d’un pays déchiré par la guerre sur le terrain ? Et peuvent-ils bénéficier du Sommet de l'année prochaine?

Stephen O'Brien : Nous devons faire attention à ne pas avoir une idée trop préconçues de la réponse à apporter à fois. D'abord, nous devons être le plus à l'écoute possible des gens affectés et nous assurer qu’ils puissent avoir davantage la possibilité de s’exprimer, à la fois au sein de l'ensemble de la communauté humanitaire internationale – dans les agences de l'ONU en particulier, car elles peuvent relayer les besoins auprès des ONG internationales et nationales – mais aussi auprès de leur propre gouvernement. Ils devraient être en droit d’attendre que leur gouvernement les aide en cas d'urgence. C’est toujours plus facile à mettre en œuvre en cas de catastrophes naturelles. Quand on parle de conflit, la situation est plus compliquée, dans la mesure où que les gouvernements se focalisent souvent plus sur la sécurité que sur l’apport de services de base pour les personnes civiles.

Qu’est-ce qui nous empêche aujourd’hui, par exemple, de distribuer aux personnes régulièrement touchées des téléphones mobiles alimentés par l'énergie solaire et connectés à un satellite dédié? Lorsque les inondations et les tremblements de terre se produisent, ces personnes seraient en mesure de demander de l'aide, ce qui nous éviterait de nous efforcer de les atteindre pour finalement découvrir que nous n’avons pas  apporté une aide appropriée. Nous avons besoin d'habiliter les gens. Le plus important est de faire savoir à ceux dans le besoin que nous sommes tous de leur côté et de veiller à ne laisser personne de côté. Voilà un thème central dans les objectifs ce que le Secrétaire général et les Nations Unies poursuivent.

Centre d’actualités de l’ONU : Comment voyez-vous l’évolution de l’humanitaire d’ici la fin de votre mandat en tant que chef de l'OCHA ?

Stephen O'Brien : Je suis optimiste. Dans le travail humanitaire, on répond aux besoins des personnes et on fait tout pour ne pas avoir de regrets quand on regarde en arrière. On espère redonner à ces personnes leur dignité et leur permettre d’être plus résilients pour éviter de sombrer dans un cercle vicieux de la peur et de l’insécurité qui affecte les familles, les communautés et les individuels. En fin de compte, je souhaite pouvoir regarder en arrière dans quelques années et me dire que je n’ai pas de regret, que j’ai fait tout ce qui pouvait être fait à l'époque. Au bout du compte, chaque vie sauvée représente un exploit.

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