Afghanistan : l'envoyé de l'ONU appelle à relancer les pourparlers de paix

17 septembre 2015

A l'occasion d'une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la situation en Afghanistan, le Représentant spécial du Secrétaire général dans ce pays, Nicholas Haysom, a appelé jeudi à une relance des pourparlers de paix.

« Le conflit cette année a été l'un des plus intenses pour les forces de sécurité nationale afghanes », a souligné M. Haysom dans un exposé devant les membres du Conseil. « Comme nous l'avons dit lors de précédents exposés, nous nous attendons à ce que l'intensification de la violence dans le pays se poursuive tout au long de 2015 ».

Selon le Représentant spécial, «cela montre combien il est important de relancer un processus de paix viable ». « Comme l'a noté le Secrétaire général, les progrès réels dans le lancement d'un tel processus ont été marqués par les pourparlers officiels entre les talibans et une délégation du gouvernement à Murree en juillet », a-t-il ajouté.

« Cependant, il semble que les pourparlers de paix soient suspendus, surtout à cause d'un conflit interne au sein de la talibans après l'annonce inattendue de la mort du mollah Omar », a-t-il encore dit, réitérant son appel « à un contact direct entre les talibans et le gouvernement ».

Selon Nicholas Haysom, l'évolution de l'Afghanistan vers la stabilité et l'autonomie ne peut être tenue pour acquise. « L'exode des réfugiés actuelle reflète le découragement de nombreux Afghans », a-t-il souligné. « Un signal clair de la poursuite du soutien international permettra d'atténuer l'incertitude qui alimente cet exode ».

« Le conflit continue à faire payer un lourd tribut aux civils afghans. Au cours des huit premiers mois de 2015, la MANUA a enregistré le plus grand nombre de victimes civiles depuis qu'elle a commencé à en faire le décompte », a-t-il ajouté. « Les éléments antigouvernementaux continuent de causer la majorité des décès et de blessés civils, bien que les décès causés par les forces de sécurité afghanes continuent d'augmenter ».

De son côté, le Directeur exécutif de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Yury Fedotov, a fait le point sur la production d'opium en Afghanistan, rappelant que l'an dernier ce pays comptait pour 85% de la production mondiale d'opium et 77% de la production mondiale d'héroïne.

« Les drogues illicites alimentent l'instabilité, l'insurrection, la corruption et le crime organisé, tout en affaiblissant les institutions étatiques et la capacité générale de l'Afghanistan à promouvoir la paix et la bonne gouvernance », a dit M. Fedotov.

Il a indiqué que selon les derniers chiffres récoltés et qui seront bientôt officiellement publiés, la culture du pavot, à partir duquel sont produits l'opium et l'héroïne, est en baisse.

« Même si cette tendance reflète sans doute partiellement une autorégulation du marché mondial de l'héroïne, il s'agit néanmoins de nouvelles positives », a souligné le chef de l'ONUDC.

 

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