Des experts de l'ONU appellent à établir des règles universelles pour la recherche immédiate des personnes disparues

28 août 2015

A deux jours de la Journée internationale des victimes de disparitions forcées, qui sera célébrée dimanche 30 août, deux groupes d'experts de l'ONU ont lancé vendredi un appel en faveur de l'élaboration et la mise en œuvre de règles universelles pour la recherche immédiate des personnes disparues.

Le Comité des disparitions forcées et le Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires ont appelé à Genève les gouvernements à établir des protocoles pour la recherche immédiate et systématique des personnes disparues à travers le monde.

« Au cours de l'année qui vient de s'écouler, nous avons travaillé sur 246 cas récents de disparitions forcées commises dans le monde entier – une indication claire que cette pratique atroce est encore utilisée dans un certain nombre de pays », ont déclaré les experts, soulignant toutefois que des milliers d'autres cas ne sont jamais rapportés par crainte de représailles ou parce que les conditions de sécurité ne le permettent pas.

Le manque de ressources et la méconnaissance de l'existence de mécanismes internationaux, sont d'autres raisons pour lesquelles de nombreux cas de disparitions forcées ne sont jamais rapportés aux Nations Unies, ont ajouté les experts.

Suite à l'activation des procédures d'actions urgentes existantes par le Groupe de travail et le Comité des disparitions forcées au cours de l'année dernière, 13 personnes disparues ont été retrouvées vivantes ou/et en détention, et malheureusement, deux ont été retrouvées mortes.

« Ces procédures peuvent faire une différence pour des parents dans le désespoir », ont insisté les experts, notant que l'intervention immédiate au cours des heures et des jours qui suivent une disparition est cruciale pour retrouver une personne disparue vivante.

« Les actions prises juste après une disparition ne peuvent être laissées au hasard, mais doivent être systématisées par des protocoles permettant l'activation immédiate de tous les moyens à disposition pour la recherche de la personne disparue », ont appelé les experts de l'ONU.

Selon le Groupe de travail et le Comité des disparitions forcées, ces protocoles pour la recherche des personnes disparues doivent être établis dans tous les États, indépendamment du nombre de disparitions forcées, et doivent avoir pour point de départ la présomption initiale que la personne disparue doit être recherchée vivante.

« Nous faisons appel aux gouvernements à agir aussitôt qu'un cas de disparition est rapporté aux autorités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour chercher et trouver la personne disparue et éviter tout dommage irréparable », ont déclaré les experts.

En outre, ces derniers ont demandé instamment aux gouvernements de garantir l'entière protection de ceux qui fournissent des informations sur des cas de disparition forcées, des témoins, des parents, des personnes disparues, de leurs avocats et de toutes les personnes liées aux enquêtes s'y rapportant contre toute forme de représailles.

 

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