Yémen : l'OMS s'inquiète de la détérioration du système de santé

11 août 2015

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a prévenu mardi que le système de santé au Yémen continuait de se détériorer avec la fermeture de nombreuses structures sanitaires, laissant les civils sans accès aux soins de santé.

« Près de 23% des structures de santé au Yémen ne fonctionnent pas actuellement ou fonctionnent de manière partielle en raison des violences, et de nouvelles structures continuent de fermer chaque semaine », a déclaré un porte-parole de l'OMS, Tarik Jasarevic, lors d'un point de presse à Genève.

L'OMS a besoin de 151 millions de dollars pour répondre aux besoins de santé des personnes déplacées au Yémen jusqu'à la fin de l'année 2015 et n'a reçu pour l'instant que 23 millions de dollars. « Sans argent, de nombreux services de santé vitaux devront fermés », a souligné M. Jasarevic.

Au total, 15,2 millions de personnes, dont 1,2 million de déplacés ont besoin de services de santé, en particulier dans les gouvernorats d'Aden, d'Abyan, de Taëz et de Sa'ada.

Au-delà de la crise sanitaire, le Yémen est également confronté à une crise alimentaire, a prévenu mardi la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur le droit à l'alimentation, Hilal Elver, dans un communiqué de presse.

« Alors que le conflit continue de s'aggraver, plus de 12,9 millions de personnes au Yémen survivent maintenant sans un accès adéquat aux denrées alimentaires de base, dont six millions d'entre elles sont confrontées à une très grande insécurité alimentaire », a ajouté Mme Elver.

La situation des enfants est particulièrement inquiétante alors que des informations font état de 850.000 enfants victimes de malnutrition aiguë, un chiffre qui devrait monter à 1,2 million au cours des semaines à venir si le conflit continue, selon l'experte.

Les combats dans les gouvernorats d'Aden, d'Al Dhali, de Lahej et de Taëz ont empêché la population civile d'accéder aux denrées alimentaires de base, alors que des frappes aériennes auraient visé des marchés locaux et des camions contenant des produits alimentaires.

« Affamer de manière délibérée des civils lors d'un conflit armé interne et international peut constituer un crime de guerre et pourrait constituer un crime contre l'humanité dans le cas d'un refus délibéré de nourriture et d'un privation de ressources ou de fournitures alimentaires », a insisté la Rapporteuse spéciale.

 

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