Région du lac Tchad : l'ONU s'inquiète de la hausse des déplacements forcés causés par Boko Haram

6 août 2015

Les déplacements forcés de population dans la région du lac Tchad ne cessent d'augmenter, s'est inquiété jeudi le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

Ces déplacements sont dus à la peur qu'inspirent aux populations locales les attaques de Boko Haram, mais aussi aux appels lancés par le gouvernement tchadien demandant aux civils de fuir les zones où des opérations militaires contre le groupe terroriste sont en cours.

« Depuis quelques semaines maintenant, plus de 40.000 personnes ont fui leurs villages par crainte des attaques, sans emporter de bagages dans leur fuite », a déclaré dans un communiqué de presse le Coordonnateur humanitaire des Nations Unies pour le Tchad, Thomas Gurtner.

« Les îles du lac Tchad sont toujours confrontées à des attaques sporadiques et le gouvernement envisage de transférer 20.000 personnes supplémentaires sur le continent, ce qui augmenterait la vulnérabilité des populations déplacées et des communautés d'accueil », a-t-il ajouté.

Le 3 août dernier, environ 10.000 personnes ont fui vers la localité de Koulkimé, à quelque 20 kilomètres de la ville de Baga Sola, dans le bassin du lac Tchad, portant le nombre total de déplacés dans la région à environ 40.000, selon les dernières estimations d'OCHA.

Au total, environ 79.000 civils ont été forcés de fuir leurs maisons depuis le début de l'année, y compris des réfugiés, des rapatriés et des déplacés.

Le système des Nations Unies travaille avec ses partenaires sur le terrain pour mettre en œuvre une assistance immédiate à cette nouvelle population, d'autant plus que la zone est sujette à des épidémies de choléra, a précisé M. Gurtner.

La situation sécuritaire volatile et la saison des pluies limitent cependant l'accès aux personnes dans le besoin, ce qui ralentit la réponse humanitaire. Malgré ces défis, trois sites improvisés de déplacés, près de Baga Sola, ont pu bénéficier de d'une aide alimentaire et de produits pour l'entretien et l'hygiène.

Préoccupée par la tendance croissante aux déplacements forcés de civils dans la région, OCHA a par ailleurs appelé les autorités, au nom de la communauté humanitaire, à veiller à ce que toutes les mesures prises pour lutter contre le terrorisme soient conformes aux obligations des États membres en vertu du droit international.

 

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