Un an après Sinjar, l'ONU veut en finir avec l'usage systématique de la violence sexuelle par l'EIIL
« Il y a un an aujourd'hui, les militants de l'État islamique d'Iraq et du Levant (EIIL) ont brutalement attaqué 200.000 civils, pour la plupart des membres de la communauté yézidie, ainsi que des membres des communautés chiite turkmène, chiite shabak et chrétienne, les obligeant à fuir vers les monts Sinjar », a rappelé la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, Zainab Hawa Bangura.
« Dans les jours qui ont suivi, au milieu de massacres horribles, l'EIIL a pourchassé et capturé des centaines de femmes et de filles issues de minorités ethniques et religieuses, érigeant en pratiques courante la violence sexuelle, l'esclavage, l'enlèvement et la traite, pratiques qui ont toujours cours aujourd'hui », a déploré la Représentante spéciale.
Mme Bangura a fait état de témoignages de femmes déplacées et réfugiées, qu'elle a pour certaines rencontrées en personne lors de sa visite au Moyen-Orient en avril dernier, confirmant l'usage systématique de la violence sexuelle par l'EIIL, en particulier contre les femmes et les enfants yézidies âgées de 8 à 35 ans.
« Les jeunes femmes sont ouvertement 'vendues' sur des marchés, offertes à des combattants étrangers et victimes de la traite à des fins d'exploitation sexuelle dans la région, notamment comme moyen de récolter des fonds et d'augmenter le recrutement dans les rangs de l'EIIL », a expliqué la Représentante spéciale, ajoutant que les femmes et les filles sont également utilisées pour la procréation forcée, afin de peupler le nouveau « califat » souhaité par le groupe terroriste.
« Ces crimes effroyables de violence sexuelle dans les conflits, susceptibles de constituer des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité et des actes de génocide, ne seront pas oubliés », a affirmé Mme Bangura, soulignant la détermination de la communauté internationale à poursuivre les auteurs et à les traduire en justice.
La Représentante spéciale a réitéré ses appels à la Coalition internationale contre l'EIIL d'inclure la protection et l'autonomisation des femmes et des filles dans sa stratégie de lutte contre le terrorisme.
« En ce jour [de commémoration], je tiens aussi à attirer l'attention sur les besoins des survivants, de leurs familles et des communautés », a ajouté Mme Bangura, pointant du doigt le manque de soins de santé à disposition des survivants, y compris les soins de santé reproductive et psychosociale.