Syrie : le chef de l'ONU dénonce le statu quo et appelle le Conseil de sécurité à agir

29 juillet 2015

Après plus de quatre ans de massacres, le conflit en Syrie est un symbole honteux des divisions et de l'échec de la communauté internationale, a déclaré mercredi le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui a jugé le statu quo inacceptable.

« Je suis profondément déçu par le fait que les résolutions du Conseil sur la Syrie n'aient pas été mises en œuvre, aussi bien celles pour mettre fin à la violence, que celles pour réduire le désastre humanitaire ou celles pour lutter contre le terrorisme et les combattants étrangers », a dit M. Ban dans un discours devant les membres du Conseil lors d'une réunion consacrée à la situation en Syrie.

« Le statu quo en Syrie est inacceptable. Certains suggèrent d'attendre pour mettre fin à ce cauchemar que l'environnement international et régional soit plus propice. Ce serait à la fois immoral et irresponsable », a ajouté le chef de l'ONU. « Nous ne devons pas condamner les Syriens à davantage de désespoir. Nous ne devons pas condamner la région à des troubles sans fin ».

Le Secrétaire général a demandé au Conseil de sécurité d'approuver les recommandations de l'Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, qui a mené depuis début mai une série de consultations informelles avec les parties prenantes au conflit syrien pour tenter de trouver un début de solution à ce conflit.

M. Mistura, qui participait également à la réunion du Conseil, a ensuite fait le point sur ces consultations et a présenté ses recommandations aux 15 membres.

"Malheureusement, il n'y a pas encore de consensus sur la manière d'avancer sur le Communiqué ou sur une négociation formelle", a dit l'Envoyé spécial, en faisant référence au Communiqué de Genève adopté il y a trois ans et est destiné à ouvrir la voir à un règlement du conflit en Syrie.

En conséquence, M. Mistura a proposé de lancer un processus étape par étape permettant de rendre opérationnel le Communiqué de Genève. "Les consultations de Genève ont permis aux Syriens de se parler, même si c'était de manière indirecte. Ce que je propose aujourd'hui est un approfondissement du format de consultations de Genève", a-t-il dit. "J'ai l'intention maintenant d'inviter les Syriens en parallèle, ou simultanément, à des discussions thématiques à travers des groupes de travail inter-syriens concernant des aspects clés du Communiqué qui ont été identifiés par eux lors de la première phase des consultations".

Ban Ki-moon a demandé au Conseil de sécurité de travailler avec les parties prenantes syriennes pour les convaincre de participer constructivement au processus proposé. Il a aussi estimé qu'il fallait s'assurer que ces négociations préparatoires « ne soient pas cyniquement exploitées pour continuer à tuer ».

Le chef de l'ONU a encouragé la communauté internationale à s'appuyer sur la dynamique politique générée par l'accord nucléaire entre l'Iran et un groupe composé de six nations (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) et de l'Union européenne. « L'unité qui a permis cet accord peut aider à s'orienter vers un règlement du conflit en Syrie », a-t-il dit.

Lors d'une conférence de presse avec Staffan de Mistura à l'issue de la réunion, le Secrétaire général a affirmé qu'il n'y avait "aucune alternative à la table de négociations".

"J'ai été encouragé par les nombreuses expressions de soutien par les membres du Conseil lors de nos discussions qui viennent de se conclure dans la salle de consultations", a-t-il ajouté.

 

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