Yémen : le Coordonnateur humanitaire choqué par l'ampleur des destructions à Aden

27 juillet 2015

A l'issue d'une visite effectuée à Aden, au sud du Yémen, le Coordonnateur humanitaire pour ce pays, Johannes Van Der Klaauw, s'est déclaré lundi choqué par l'ampleur des destructions causées par les combats et a demandé aux parties au conflit de permettre aux agences humanitaires d'avoir un accès rapide et sans entrave aux personnes dans le besoin.

« Les conséquences humanitaires du conflit au Yémen sont catastrophiques. J'ai pu le constater hier à Aden, où l'intensification des violences et des combats au cours des quatre derniers mois a ravagé la ville, causé des morts et détruit les moyens de subsistance de la majorité de ses habitants », a dit M. Van Der Klaauw dans un communiqué de presse diffusé par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

« Les civils paient le plus lourd tribut », a-t-il ajouté, rappelant que le nombre de morts et de blessés dus au conflit pour l'ensemble du pays s'élève à plus de 23.000 personnes.

Selon lui, les dégâts causés aux infrastructures, notamment des hôpitaux, des écoles, des ports et aéroports, des mosquées et des habitations, sont inacceptables et sont contraires à l'obligation qu'ont les parties au conflit de respecter le droit international humanitaire.

« J'appelle de nouveau toutes les parties au conflit à mettre fin aux attaques contre les civils et à mettre fin à la destruction des infrastructures qui sont cruciales pour la fourniture de biens et de services essentiels à la population civile », a insisté le Coordonnateur humanitaire.

Cet appel intervient alors que la coalition menée par l'Arabie saoudite a annoncé une trêve humanitaire unilatérale de cinq jours, renouvelable, à partir de dimanche 26 juillet, à 23h59. Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon s'est félicité de cette annonce et a exhorté « les Houthis, le Congrès général du peuple et toutes les autres parties prenantes d'accepter cette trêve humanitaire et de la respecter ».

M. Van Der Klaauw a souligné que l'ONU et ses partenaires se sont engagés à intensifier rapidement l'effort humanitaire dans l'ensemble du Yémen.

« A Aden, cela signifie restaurer de toute urgence les services de soins de santé, réparer et entretenir les systèmes d'eau et d'assainissement, fournir des abris d'urgence aux familles déplacées, augmenter la distribution de nourriture et de produits de base tels que des couvertures, des matelas et d'autres articles ménagers », a-t-il dit. « Nous devons ramener les enfants à l'école et fournir un soutien psycho-social aux femmes, aux hommes, aux filles et aux garçons qui ont été témoins et victimes d'une violence indicible dans une ville qui a connu certains des combats les plus sanglants depuis l'escalade du conflit en mars ».

Selon M. Van Der Klaauw, la capacité de la communauté humanitaire à fournir cette assistance dépend d'un accès rapide, sûr et sans entrave aux personnes dans le besoin. Il a souligné qu'en raison des difficultés d'accès actuelles, il a rejoint Aden via Djibouti après un voyage en bateau de douze heures. « Les humanitaires ont besoin d'un accès plus direct et j'appelle toutes les parties au conflit à ouvrir toutes les voies terrestres et à faciliter l'utilisation des ports et aéroports afin de permettre aux agences humanitaires de livrer rapidement les secours nécessaires », a-t-il encore dit.

Il a également rappelé que l'appel de fonds humanitaire pour le Yémen de 1,6 milliard de dollars n'est pour l'instant pourvu qu'à hauteur de 15%. Il a demandé aux bailleurs de fonds de faire preuve de générosité et de solidarité envers le peuple yéménite.

 

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