Burundi : l'ONU estime que l'environnement général n'était pas propice à des élections crédibles

27 juillet 2015

La Mission d'observation électorale des Nations Unies au Burundi (MENUB) a estimé dans des conclusions rendues publiques lundi que l'environnement général dans le pays n'était pas propice au déroulement d'un processus électoral libre, crédible et inclusif.

L'élection présidentielle qui a été reportée à deux reprises a eu lieu le 21 juillet 2015 et a fait suite aux élections législatives et locales qui se sont déroulées le 29 juin 2015.

Selon la presse, le Président sortant Pierre Nkurunziza a été réélu dès le premier tour. Sa candidature a un troisième mandat, qui était contestée par ses opposants, a entraîné une grave crise politique ces derniers mois. Des dizaines de milliers de Burundais ont fui vers les pays voisins pour échapper aux violences.

« Même si le jour du scrutin était paisible et les opérations conduites d'une manière adéquate, l'environnement n'était pas propice au déroulement d'un processus électoral libre, crédible et inclusif », a souligné la MENUB, notant que la liberté de la presse a fait l'objet de sévères restrictions et que les médias publics n'ont pas assuré une couverture équilibrée aux candidats en compétition.

La Mission a rappelé que l'élection présidentielle a eu lieu « dans un climat de profonde méfiance entre les partis politiques » et que la décision du Président sortant de briguer un nouveau mandat « a plongé le pays dans une crise politique et socio-économique ».

« La décision de la Cour Constitutionnelle déclarant recevable la candidature du Président à un troisième mandat, n'a pas permis de résoudre le problème politique plus large de la limite des mandats présidentiels au Burundi et a eu pour effet d'exacerber la controverse, les manifestations et les tensions », a ajouté la MENUB. « Les libertés d'expression, de réunion et d'association, conditions essentielles à l'exercice effectif du droit de vote, ont été sévèrement entravées. Les violences, bien que moins intenses par rapport à la période précédant les élections du 29 juin ont toutefois marqué de façon regrettable ce processus ».

La Mission a noté par ailleurs que les différents efforts visant à promouvoir le dialogue, y compris la récente initiative de la Communauté d'Afrique de l'Est (CAE) sous la direction du Président ougandais Yoweri Museveni n'ont pas été concluants.

Dans ce contexte, la MENUB a tenu à rappeler l'appel lancé par le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, « demandant l'arrêt de toutes formes de violence, le respect des droits de l'homme ainsi que la reprise du dialogue ».

 

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