Ebola : la Banque mondiale s'inquiète des conséquences de la pénurie de personnel médical

9 juillet 2015

A la veille d'une conférence internationale dont l'objectif sera de lever des fonds pour le relèvement des trois pays d'Afrique de l'Ouest les plus touchés par le virus Ebola, un nouveau rapport de la Banque Mondiale publié jeudi met en garde contre les conséquences possibles pour la région de la diminution du nombre de professionnels de la santé engendrée par l'épidémie.

Cette étude, intitulée 'Healthcare Workers Mortality and the Legacy of the Ebola Epidemic' ('Mortalité des travailleurs de santé et conséquences de l'épidémie d'Ebola'), indique que la mort de nombreux professionnels de la santé ayant contracté le virus risque d'entraîner 4.000 décès de femmes supplémentaires chaque année en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone.

Selon le rapport de la Banque mondiale, depuis le début de l'épidémie, le personnel médical a été plus sévèrement touché que toute autre catégorie socio-professionnelle en raison de son exposition prolongée au virus, phénomène qui a exacerbé la pénurie de personnel médical qualifié dans ces trois pays qui existait avant la crise.

Le Libéria, par exemple, aurait perdu 10% de ses médecins et 8% de ses infirmières et sages-femmes durant l'épidémie.

L'étude explique que cette diminution risque de se traduire par une hausse des taux de mortalité maternelle dans les pays concernés, y compris dans les zones où la maladie a été éradiquée, du fait notamment de l'augmentation attendue des complications pendant les grossesses et les accouchements.

Selon le rapport, le taux de mortalité maternelle risquerait ainsi d'augmenter de 38% en Guinée, de 74% en Sierra Leone et de 111% au Libéria.

Pour empêcher ces prédictions de se réaliser, l'étude de la Banque mondiale préconise de recruter immédiatement au moins 240 docteurs, infirmières et sages-femmes pour l'ensemble des trois pays.

L'obtention de fonds pour le relèvement de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone, et notamment de leurs systèmes de santé respectifs, fera justement l'objet d'une conférence internationale qui aura lieu vendredi 10 juillet au siège de l'ONU à New York, à l'initiative du Secrétaire général de l'Organisation, Ban Ki-moon.

« L'épidémie d'Ebola a affecté l'ensemble des secteurs économiques et sociaux en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone, particulièrement les services de santé, le marché du travail et l'éducation », a déclaré l'ONU dans un communiqué de presse annonçant la tenue de la conférence, durant laquelle un appel sera lancé afin de mobiliser 3,2 milliards de dollars au cours des deux prochaines années pour que les trois pays se remettre de la crise.

« La conférence sera censée obtenir les engagements financiers nécessaires pour soutenir la mise en œuvre des stratégies nationales et régionales de relèvement sur une période de deux », a expliqué l'Organisation. « Tout cela afin de s'assurer que ces pays reçoivent les ressources suffisantes pour parvenir à zéro cas, rester à zéro cas et se relever ».

A la veille de cet évènement, l'Envoyé spécial du Secrétaire général pour la lutte contre Ebola, Dr. David Nabarro, a déclaré jeudi lors d'une conférence de presse que des « progrès remarquables ont été réalisés grâce aux efforts consentis par les peuples et les gouvernements des pays touchés ».

« Ebola a été éradiqué de la plupart de la région », a déclaré Dr. Nabarro, rappelant que l'épidémie a touché environ 27.600 personnes, dont plus de 11.000 sont mortes, essentiellement en Afrique de l'Ouest.

Cependant, il n'est pas nécessaire d'attendre l'éradication totale du virus pour commencer le processus de relèvement, a ajouté l'Envoyé spécial.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

Un groupe d'experts juge nécessaire des réformes à l'OMS après Ebola

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a salué mardi le rapport publié par un groupe d'experts qui juge nécessaire des réformes au sein de l'agence onusienne afin de remédier aux défaillances constatées lors de l'épidémie d'Ebola l'an dernier.