Burundi : Ban Ki-moon s'inquiète de « l'insistance » des autorités à maintenir la date des élections

28 juin 2015

Le Secrétaire général des Nations Unions, Ban Ki-moon, s'est déclaré dimanche préoccupé par « l'insistance » du gouvernement du Burundi à maintenir la date des élections au 29 juin 2015, en dépit de l'environnement politique et sécuritaire qui prévaut actuellement dans le pays.

« Le groupe international de facilitation internationale à Bujumbura a travaillé dur pour aider les parties burundaises à parvenir à un consensus sur la voie à suivre en vue de la tenue d'élections libres, justes, inclusives et pacifiques », a déclaré M. Ban dans un communiqué de presse rendu public par son porte-parole.

Dans ces conditions, le chef de l'ONU a déploré l'intransigeance des parties, qui a causé l'échec de « ces efforts significatifs ».

Le Secrétaire général a rappelé que le Conseil de sécurité de l'ONU a mandaté la Mission d'observation des Nations Unies au Burundi (MENUB) dans le but d'observer la conduite des élections.

« Dans l'accomplissement de son mandat, la MENUB continuera à travailler de façon professionnelle et impartiale, conformément à législation nationale en vigueur en matière électorale et aux instruments internationaux, principes et règles d'observation des élections », a poursuivi M. Ban.

Le Secrétaire général a également rappelé qu'il incombait au gouvernement du Burundi de faire en sorte que les élections se déroulent dans un environnement sûr et de garantir la sécurité des observateurs de l'ONU, afin que ces derniers puissent exercer leur mandat « à l'abri de toute intimidation ou harcèlement ».

M. Ban a de nouveau appelé tous les dirigeants politiques burundais à prendre en compte l'intérêt général de la population du pays et à résoudre les problèmes politiques par le dialogue, dans le but de préserver la paix et de renforcer la réconciliation nationale.

Le Secrétaire général a condamné les attaques récentes survenues dans le pays et a appelé tous les Burundais à s'abstenir de se livrer à des actes de violence, en vertu de la Charte de la non-violence acceptée par toutes les parties.

Le Burundi est en proie à une vague d'agitation depuis le 26 avril, date à laquelle le parti au pouvoir, le Conseil national pour la défense de la démocratie–forces pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD), a décidé d'investir le Président Pierre Nkurunziza comme candidat à l'élection présidentielle qui aura lieu dans le pays le 29 juin prochain.

L'opposition burundaise, estimant qu'une troisième candidature du Président sortant est anticonstitutionnelle, a appelé à manifester contre cette nomination, provoquant une vague de violence et de répression de la part des autorités contre les manifestants.

 

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