Burundi : Ban Ki-moon se prononce en faveur d'un report des élections

26 juin 2015

Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a encouragé vendredi les autorités du Burundi à reporter les élections prévues le 15 juillet prochain.

Dans un communiqué de presse rendu public par son porte-parole, M. Ban a déclaré qu'il continuait à suivre de près les développements au Burundi.

Le Secrétaire général s'est ainsi dit profondément préoccupé par le climat politique et sécuritaire qui prévaut dans le pays.

Le Burundi est en proie à une vague d'agitation depuis le 26 avril, date à laquelle le parti au pouvoir, le Conseil national pour la défense de la démocratie–forces pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD), a décidé d'investir le Président Pierre Nkurunziza comme candidat à l'élection présidentielle qui aura lieu dans le pays le 26 juin prochain.

L'opposition burundaise, estimant qu'une troisième candidature du Président sortant est anticonstitutionnelle, a appelé à manifester contre cette nomination, provoquant une vague de violence et de répression de la part des autorités contre les manifestants.

Dans ce contexte de crise politique, un général de l'armée burundaise a annoncé mercredi 13 mai la destitution du Président Nkurunziza, ce que la Présidence a immédiatement démenti. Quelques jours après cette tentative de coup d'Etat avortée, samedi 23 mai, le chef de file d'un parti burundais de l'opposition, Zedi Feruzi, et son garde du corps ont été assassinés dans la capitale Bujumbura.

Face aux troubles que traverse toujours le pays, le chef de l'ONU a appelé les autorités burundaises à prendre sérieusement en considération la proposition de l'Equipe internationale de la facilitation de reporter les élections afin de créer un environnement propice à la tenue d'élections inclusives, pacifiques et transparentes, conformément aux récentes décisions du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine et du sommet des Etats de la Communauté de l'Afrique de l'Est (CAE).

M. Ban a par ailleurs salué les efforts de l'équipe internationale de la facilitation, composée de la Communauté de l'Afrique de l'Est (CAE), de l'Union Africaine, de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) et des Nations Unies, pour aider les parties burundaises à parvenir à un consensus en vue de la tenue d'élections pacifiques et crédibles dans leur pays.

Le Secrétaire a appelé de nouveau tous les leaders politiques burundais à résoudre la crise actuelle par le dialogue dans l'intérêt du peuple burundais, afin de consolider la paix et la sécurité et renforcer la réconciliation nationale.

Dans une déclaration de presse, le Conseil de sécurité de l'ONU a exprimé à nouveau vendredi sa profonde préoccupation devant la gravité de la situation politique et sécuritaire au Burundi dans le contexte des prochaines élections communales, présidentielles et sénatoriales.

Le Conseil a pris note de la déclaration dans laquelle l'Union africaine signale que le dialogue politique n'a pas produit les résultats escomptés et que la situation actuelle pourrait mettre en péril les importantes avancées réalisées suite à la signature de l'Accord de paix et de réconciliation d'Arusha pour le Burundi et de l'Accord global de cessez-le-feu de 2003.

Il a également pris acte des craintes de l'Union africaine que la crise au Burundi puisse compromettre la stabilité de la région.

Le Conseil a demandé aux parties burundaises d'engager d'urgence un dialogue ouvert à tous et axé, dans l'esprit des Accords d'Arusha et de la Constitution, sur les mesures à prendre pour créer des conditions propices à la tenue d'élections libres, régulières, transparentes et crédibles.

Le Conseil a par ailleurs pris note du fait que, dans son communiqué du 13 juin, le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine a déclaré que la date des élections devait être fixée par consensus entre les parties burundaises, dans l'esprit du communiqué du 31 mai 2015, dans lequel la Communauté d'Afrique de l'Est demandait le report des élections.

Le Conseil a demandé à la Mission électorale des Nations Unies au Burundi (MENUB) de continuer à s'acquitter pleinement et activement de son mandat.

Le Conseil s'est par ailleurs déclaré à nouveau préoccupé par la situation difficile dans laquelle se trouvent les réfugiés burundais qui ont fui leur pays vers les Etats voisins et a rendu hommage aux pays d'accueil, à savoir la République démocratique du Congo, la République-Unie de Tanzanie et le Rwanda, ainsi qu'aux organismes humanitaires.

Le Conseil a demandé instamment au gouvernement burundais d'instaurer des conditions propices au retour rapide des réfugiés et a appelé tous les acteurs régionaux à préserver la sécurité des populations de la région.

 

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