Burundi : la « culture de l'impunité » menace l'organisation d'élections libres, selon l'ONU

19 juin 2015

Le calendrier des élections démocratiques au Burundi ne pourra être fixé que si les citoyens ont la possibilité de faire librement leur choix, a déclaré vendredi le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la promotion de la vérité, de la justice, de la réparation et des garanties de non-répétition, Pablo de Greiff.

Dans une lettre ouverte rendue publique aujourd'hui, Pablo de Greiff a dénoncé les « manquements flagrants des autorités au respect de les libertés d'expression et de réunion pacifique, qui sont les conditions préalables à toute société démocratique crédible ».

Le Rapporteur spécial a affirmé que le parti au pouvoir et ses jeunes miliciens font usage de violence et de menaces, imposent des restrictions flagrantes à la liberté de la presse et promeuvent des appels à la haine afin d'intimider délibérément les électeurs et de parvenir au résultat électoral souhaité.

« Les électeurs doivent être libres de soutenir ou de s'opposer à un parti politique, y compris le parti au pouvoir, sans influence ni coercition de quelque nature que ce soit qui pourrait fausser ou entraver la libre expression de la volonté de l'électeur », a-t-il dit, rappelant les dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel le Burundi est partie depuis 1990. « La légitimité d'une élection ne tient que dans l'hypothèse où les électeurs ont pu exercer librement leur droit de vote », a affirmé M. de Greiff.

« Il est profondément regrettable que les autorités burundaises aient brusquement tourné le dos à la transition vers une société d'état de droit, après les grandes réalisations accomplies depuis 2000 », a-t-il dit, insistant sur le fait que la légitimité démocratique ne découle pas seulement des élections.

L'expert indépendant a par conséquent exhorté toutes les parties à renoncer à la violence et aux menaces, et à veiller à ce que toute protestation reste pacifique.

Il a également appelé les parties à œuvrer de concert pour que le Burundi retrouve la voie encourageante qui était la sienne depuis la signature de l'Accord de paix et de réconciliation d'Arusha en 2000.

 

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