L'ONU préconise des changements pour relever les nouveaux défis en matière de maintien de la paix

16 juin 2015

Suite à la remise du rapport final du Groupe indépendant chargé d'évaluer les opérations de paix des Nations Unies, le Secrétaire général de l'Organisation, Ban Ki-moon, s'est déclaré mardi prêt à en mettre en œuvre les recommandations dans un « esprit d'inclusion et de consultation ».

Prenant acte du fait que, dans un monde changeant, les opérations de paix de l'ONU doivent également évoluer pour rester un outil efficace, M. Ban avait annoncé la création du Groupe indépendant de haut niveau sur les opérations de paix en octobre 2014 dans le but d'évaluer leur état actuel et d'identifier les nouveaux besoins.

Lors d'une conférence de presse organisée au siège des Nations Unies à New York à l'occasion de la remise par le Groupe de son rapport d'évaluation, le Secrétaire général a tout d'abord noté les progrès importants accomplis au cours des 15 dernières années afin d'adapter les opérations de paix à la complexité du monde actuel.

Le chef de l'ONU a cependant déclaré qu'un ensemble de « changement drastiques » avaient rendu nécessaire un nouvel examen des opérations de paix.

« Nos opérations de paix sont désormais confrontées aux formidables défis que sont la nature changeante des conflits et la montée de l'extrémisme violent », a-t-il déclaré, ajoutant que de nombreuses opérations sont déployées à l'heure actuelle dans des environnements où « il y a peu de paix à maintenir ».

« [Ces opérations] disposent de mandats ambitieux destinés à protéger les civils au beau milieu de conflits en cours », a-t-il expliqué.

« Le Groupe indépendant que j'ai nommés, dirigé par M. [José] Ramos-Horta et Mme [Ameerah] Haq, s'est montré à la hauteur de cette tâche très complexe », a salué M. Ban, remerciant le Président et la Vice-présidente du Groupe, ainsi que l'ensemble de ses membres, pour leur contribution.

« Je suis particulièrement impressionné par la façon dont le Groupe s'est engagé dans un processus ouvert et consultatif, y compris via des réunions avec le Conseil de sécurité, plusieurs Commissions de l'Assemblée générale et d'autres instances », a poursuivi le chef de l'ONU, tout en mentionnant également les consultations réalisées par le Groupe avec les organisations régionales, les États membres et la société civile.

« Je vais étudier les recommandations du rapport attentivement et les transmettre à l'Assemblée générale et au Conseil de sécurité », a-t-il poursuivi, se déclarant impatient de travailler en étroite collaboration avec les États membres et d'autres partenaires clés sur la façon de mettre en œuvre les « propositions intéressantes » présentées dans le rapport.

« J'ai l'intention d'utiliser ce rapport avec un même esprit d'inclusion et de consultation que celui qui a permis au Groupe de le produire », a affirmé le Secrétaire général.

S'exprimant au nom du Groupe indépendant, aux côtés de Mme Haq, M. Ramos-Horta a souligné la nécessité pour les missions de s'adapter aux contextes dans lesquels elles se déroulent, encourageant l'ONU à harmoniser en une seule séquence les composantes militaires, de police et civiles des opérations de paix.

En outre, une « architecture mondiale et régionale plus résiliente pour la paix et la sécurité internationales » est nécessaire à l'avenir, a-t-il poursuivi, convaincu que le siège de l'ONU doit se concentrer davantage sur l'opérationnalisation des missions sur le terrain, tandis que les personnels devraient réaffirmer leur volonté de servir et de protéger les populations avec un seul objectif en tête : le bien-être des civils sur le terrain.

Appelant à des avancées réelles en matière de prévention, le Groupe recommande dans son rapport la création d'un « forum international sur la prévention s'appuyant sur les ressources externes et les leçons apprises », ainsi que sur un « engagement en amont » du Conseil de sécurité, en vue de répondre aux « menaces émergentes ».

Sur le déploiement rapide, le Groupe recommande à l'ONU de se doter d'une feuille de route pour établir un réseau plus solide de capacités de secours nationales et régionales.

Prenant note des plaintes exprimées par un certain nombre de pays contributeurs de troupes et de police qui ne s'estiment pas suffisamment consultés, le Groupe a conclu que les consultations devraient être institutionnalisées afin de définir un « objectif commun » pour les missions dès le départ.

Entre autres recommandations, le rapport indique également que le Secrétariat de l'ONU devrait envisager la création d'un poste de « Vice-Secrétaire général chargé de la paix et la sécurité », ainsi que d'un « compte unique » pour les opérations de paix destiné à financer toutes les missions et activités connexes.

 

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