A Genève, Ban Ki-moon appelle la communauté internationale à agir sans attendre pour la paix au Yémen

15 juin 2015

La communauté internationale n'a pas un instant à perdre si elle souhaite contribuer à mettre fin aux combats et négocier une paix durable au Yémen, a déclaré lundi le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à l'ouverture de consultations sur la situation dans le pays sous l'égide de l'Organisation à Genève.

Lors d'une conférence de presse organisée à l'Office des Nations Unies à Genève pour l'ouverture de consultations entre parties prenantes yéménites dans la ville Suisse, le Secrétaire général a déclaré que la communauté internationale a désormais « l'obligation d'agir », alors que le nombre de victimes totales du conflit a dépassé les 2.600 personnes.

« Aujourd'hui, l'existence même du Yémen est en jeu. Alors que les parties se chamaillent, le Yémen brûle », a ajouté M. Ban.

« Les parties ont la responsabilité de mettre fin aux combats et d'entamer un véritable processus de paix et de réconciliation », a-t-il insisté.

Le Secrétaire général a déclaré que les hostilités en cours n'ont fait qu'approfondir la crise humanitaire déjà existante au Yémen, qui était le plus pauvre des pays du Golfe avant même le début de la crise.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a récemment souligné que plus de 15 millions de Yéménites n'ont pas accès à des soins primaires et que 80% de la population du pays a actuellement besoin d'une aide humanitaire d'urgence.

En outre, le vaste patrimoine archéologique et historique du pays est de plus en plus menacé de destruction, alors que le rythme des bombardements aériens dans la vieille ville de Sanaa, la capitale yéménite, est de plus en plus soutenu.

M. Ban a également averti que la poursuite des combats contribue à renforcer la présence de groupes terroristes « impitoyables » dans le pays et risque de transformer le Yémen en « bombe à retardement ».

« Nous n'avons pas une minute à perdre », a poursuivi le Secrétaire général, tout en soulignant que la région ne peut tout simplement pas supporter une nouvelle « plaie ouverte » comme en Syrie et en Libye.

« Nous devons trouver un moyen de mettre fin à la souffrance et d'entamer le long chemin vers la paix », a-t-il affirmé.

Sur ce point, M. Ban a dit qu'il avait des raisons d'espérer, appelant notamment les parties yéménites à établir une nouvelle pause humanitaire à temps pour le commencement du Ramadan.

Le Secrétaire général s'est également prononcé en faveur d'une stratégie consistant à obtenir des accords de cessez-le-feu locaux afin de conclure un accord durable à l'échelle nationale dans un second temps.

« Une fois de plus, le Yémen est face à un chemin difficile », a conclu le Secrétaire général. « Mais je souhaite que cette semaine marque le début de la fin des combats – et le début d'un avenir nouveau et meilleur dont le peuple du Yémen a désespérément besoin ».

 

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