Nigéria : l'ONU appelle au respect de l'état de droit dans la lutte contre Boko Haram

5 juin 2015

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a déclaré vendredi que les témoignages d'individus victimes de Boko Haram dans le nord du Nigéria faisaient état « d'une terreur absolue et de graves violations des droits de l'homme », tout en notant également des informations concernant des abus commis par les forces armées nigérianes.

« Les civils dans le nord du Nigéria ont survécu à des actes horribles de cruauté et de violence perpétrés par Boko Haram, y compris des meurtres, des exécutions sommaires et la participation forcée à des opérations militaires, dont l'utilisation d'enfants pour faire exploser des bombes, le travail forcé, le mariage forcé et la violence sexuelle, notamment le viol », a déploré le Haut-Commissaire dans un communiqué de presse.

M. Zeid a appelé le Président nigérian Muhammadu Buhari à prendre des mesures urgentes pour traduire en justice les auteurs de ces violations et atteintes aux droits humains.

Le Haut-Commissaire s'est par ailleurs inquiété de rapports faisant état d'exactions commises par les forces armées nigérianes, y compris des conditions de détention inhumaines et des tortures à l'encontre de prisonniers.

« Une victime a raconté son calvaire quand il a été pris pour un membre de Boko Haram et détenu par des militaires à Yola dans l'Etat d'Adamawa. L'homme dit qu'il a passé cinq jours sans eau ni nourriture et que les détenus buvaient l'urine d'autres pour étancher leur soif. Il a affirmé qu'il y avait une moyenne de cinq décès par jour dans l'établissement », a déclaré M. Zeid.

Tout en reconnaissant les défis importants auxquels est confronté le gouvernement nigérian dans sa lutte contre Boko Haram, le Haut-Commissaire a insisté sur la nécessité de garantir le respect de l'état de droit par les forces armées régulières.

« Il est crucial de s'assurer que les victimes des crimes de Boko Haram ne deviennent pas également les victimes de leur propre gouvernement », a déclaré M. Zeid, tout en appelant les autorités du pays à apporter une aide et un soutien psychologique aux individus libérés.

 

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