Terrorisme : l'ONU appelle à mieux lutter contre la propagande des groupes extrémistes

3 juin 2015

A l'occasion d'un forum sur le rôle des médias pour combattre le terrorisme, des hauts responsables de l'ONU ont appelé la communauté internationale à lutter plus efficacement contre la propagande de l'Etat islamique d'Iraq et du Levant (EIIL), d'Al-Chabaab et de Boko Haram destinée à recruter des combattants étrangers.

Lors de ce forum organisé au siège de l'ONU par la Ligue des Etats arabes, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires politiques, Jeffrey Feltman, a jugé indéniable l'utilisation efficace par ces groupes des médias sociaux « pour diffuser leur propagande et recruter dans leurs rangs comme combattants terroristes étrangers des jeunes hommes et jeunes femmes vulnérables de toutes les régions du monde ».

Entre le milieu de l'année 2014 et mars 2015, on estime à environ 70% l'augmentation du nombre de combattants terroristes étrangers à travers le monde.

« Avec leur message de haine, les extrémistes violents attaquent directement la légitimité de la Charte des Nations Unies et les valeurs de paix, de justice et de dignité humaine sur lesquelles sont fondés ce document et les relations internationales », a souligné M. Feltman, qui a jugé « indéniable » que les « messages manipulateurs des extrémistes violents sur Twitter, YouTube et autres médias sociaux, ont un pouvoir de séduction auprès des jeunes en quête d'aventure ».

Le Secrétaire général adjoint a estimé que la communauté internationale devait « développer une vision claire et la communiquer » auprès des jeunes pour offrir une alternative aux « messages extrémistes et destructeurs qui font la promotion de la violence et des destructions ».

Il a rappelé que le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a annoncé son intention de présenter plus tard cette année un plan d'action pour prévenir l'extrémisme violent, incluant notamment une stratégie de communication impliquant les acteurs des médias sociaux, les gouvernements et la société civile.

« Nous ne pouvons prévenir l'extrémisme violent que si nous cherchons le soutien de la société toute entière », a dit M. Feltman, précisant que cela comprenait les leaders religieux, la jeunesse et les femmes, ainsi que les médias. Il a également jugé nécessaire d'améliorer la gouvernance et de veiller au respect des libertés d'expression et d'information.

Le chef du Directorat du Comité des Nations Unies contre le terrorisme (CTED), Jean-Paul Laborde, a indiqué que son comité intensifierait ses efforts pour encourager les Etats membres à lutter contre le terrorisme en impliquant tous les acteurs, y compris les médias.

Selon lui, il est important de rappeler que, parallèlement à la capacité des groupes terroristes à recruter des jeunes, « nous avons vu comment des gens ont uni leurs forces pour s'exprimer contre ces terroristes », prenant pour exemple la campagne 'BringBackOurGirls' sur les médias sociaux qui a appelé à la libération des jeunes filles de Chibok enlevées au Nigéria par Boko Haram.

 

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