Venezuela : l'ONU demande la libération des prisonniers politiques détenus arbitrairement

3 juin 2015

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) s'est inquiété mercredi des conditions de détention du Vénézuélien Daniel Ceballos, l'ancien maire d'une ville de l'ouest du pays, et a demandé la libération immédiate de tous les détenus arrêtés, tout comme lui, dans le cadre de manifestations antigouvernementales qui ont eu lieu au Venezuela l'an dernier.

« Nous sommes très préoccupés par les conditions de détention et la détérioration de la santé de Daniel Ceballos, l'ancien maire de [la ville de San Cristobal, capitale de l'Etat de] Tachira au Venezuela, qui est emprisonné depuis mars 2014, pour des faits relatifs à son rôle dans les manifestations antigouvernementales de l'an dernier », a déclaré le porte-parole du HCDH, Rupert Colville, à Genève.

M. Ceballos ainsi que le chef de l'opposition vénézuélienne Leopoldo López, ont été arrêtés par les autorités du pays dans le cadre de manifestations antigouvernementales qui ont eu éclaté au Venezuela en février 2014. Au total, le HCDH estime que plus de 3.300 personnes, dont des mineurs, ont été détenues pendant de courtes périodes entre février et juin, et plus de 150 d'entre elles auraient subi des mauvais traitements, dont la torture.

Le porte-parole du HCDH a précisé que M. Ceballos et trois autres détenus font une grève de la faim depuis le 22 mai 2015.

« Nous demandons aux autorités de veiller à ce que tous les détenus faisant une grève de la faim aient accès à des soins médicaux auprès d'un médecin de leur choix. L'accès à leurs familles et avocats doit également être assuré », a demandé M. Colville.

« Le jour suivant le début de sa grève de la faim, nous comprenons que M. Ceballos a été transféré dans une prison générale en dehors de Caracas – en dehors de la juridiction dans laquelle il est jugé – à l'insu de sa famille ou de son avocat », a déploré le porte-parole, ajoutant que ses conditions de détention posent de graves problèmes.

« Le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a estimé en août de l'an dernier que sa détention était arbitraire », a rappelé M. Colville, appelant une nouvelle fois les autorités vénézuéliennes à veiller à ce que toutes les personnes actuellement détenues pour avoir exercé leurs droits fondamentaux à la liberté d'expression et la liberté de réunion soient libérées « rapidement et sans conditions ».

 

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