L'ONU s'élève contre l'utilisation par Boko Haram de la violence sexuelle à des fins de domination

27 mai 2015

La Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, Zainab Hawa Bangura, a condamné mercredi le groupe terroriste Boko Haram pour les viols répétés dont il s'est rendu coupable à l'encontre de femmes enlevées au Nigéria, souvent reléguées au rang de mères porteuses pour la production d'enfants soldats.

« Dans ce contexte, la violence sexuelle n'est pas simplement accessoire, mais fait partie intégrante de leur stratégie de domination et de reproduction », a déclaré Mme Bangura dans un communiqué de presse.

« Les histoires personnelles rapportées par les captives récemment libérées par Boko Haram font écho aux paroles poignantes des femmes et filles que j'ai rencontrées le mois dernier au Moyen-Orient et qui venaient d'être libérées de l'esclavage sexuel par l'EIIL (Etat islamique d'Iraq et du Levant) », a-t-elle noté. « Dans les deux cas, elles disent avoir été traitées comme des biens négociables et comme des mères porteuses pour produire des enfants pour les combattants ».

La déclaration de la Représentante spéciale intervient un peu plus d'un an après l'enlèvement par Boko Haram de 276 adolescentes à Chibok, dans l'Etat de Borno, au Nigéria. Nombres d'entre elles sont toujours en captivité, et des centaines d'autres ont été enlevées depuis cette tragédie.

« Je suis consternée par les informations selon lesquelles des centaines de captives récemment libérées ont été violées à plusieurs reprises par les milices de Boko Haram et contraintes de 'se marier' avec leurs ravisseurs, conformément à une campagne d'emprisonnement et de grossesse forcée », a-t-elle ajouté.

« Ces dernières révélations suggèrent que Boko Haram est non seulement en train de détruire les structures familiales et communautaires existantes, mais se penche également sur le contrôle de leur composition future », s'est inquiétée Mme Bangura. « Afin de donner naissance à une nouvelle génération élevée à leur image, ils ont déclaré la guerre à l'autonomie et aux droits physiques, sexuels et reproductifs des femmes ».

La Représentante spéciale du Secrétaire général a réitéré son appel à la libération immédiate de toutes les femmes et jeunes filles enlevées, afin qu'elles puissent retourner en toute sécurité dans leurs familles.

Mme Bangura a également appelé le gouvernement nigérian, avec l'appui de la communauté internationale et des organisations locales, à fournir des soins médicaux et psychosociaux aux victimes, y compris des soins prénatals à celles qui sont tombées enceintes et des traitements pour celles qui ont contracté des maladies sexuellement transmissibles, dont le VIH/sida.

La Représentante spéciale a par ailleurs exhorté la communauté internationale à mettre en œuvre une réponse coordonnée et collective pour traiter des causes profondes de l'extrémisme violent.

« Aider les survivantes à élever et éduquer leurs enfants dans un environnement de tolérance, de respect et de dignité est notre meilleur espoir d'empêcher les extrémistes de détruire la cohésion sociale et de dicter l'avenir », a-t-elle déclaré.

 

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