A Bruxelles, Ban Ki-moon appelle l'Europe à mettre fin à la stigmatisation des migrants

27 mai 2015

En visite à Bruxelles, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a mis l'accent mercredi sur la nécessité pour l'Union européenne d'adopter des mesures adaptées et exhaustives pour faire face à la crise actuelle des migrants dans la région.

« Cette année, environ 1.800 migrants sont morts noyés dans la Méditerranée –20 fois plus que l'année précédente sur la même période », a déploré le chef de l'ONU dans un discours prononcé devant le Parlement européen à Bruxelles.

M. Ban a souligné que la moitié des migrants et réfugiés entreprenant la traversée périlleuse des côtes africaines vers l'Europe fuient la guerre, les persécutions ou les violations des droits de l'homme dans leurs pays d'origine.

« L'Europe a un rôle important à jouer et une responsabilité collective d'agir », a poursuivi M. Ban, soulignant que sauver les vies des migrants devait être la priorité absolue.

« Et bien que nous ayons besoin de prendre des mesures pour renforcer l'application de la loi contre les trafiquants et les passeurs, nous avons aussi besoin d'alternatives plus sûres aux voyages dangereux, ainsi que de voies légales telles que la réinstallation, le regroupement familial et des visas de travail et d'étude », a insisté le Secrétaire général.

A ce titre, M. Ban s'est félicité de la réinstallation réussie de réfugiés syriens, afghans, birmans et congolais en Irlande, qu'il a été en mesure de constater par lui-même lors de sa visite dans le pays plus tôt dans la semaine.

« Leurs nouvelles vies ne sont pas sans difficultés, mais ils ont trouvé la sécurité – et leur nouvelle patrie est heureuse de leur avoir tendu une main secourable », a-t-il ajouté.

Tout en soulignant la nécessité de multiplier ces initiatives à travers en Europe, le Secrétaire général a qualifié la proposition faite par la Commission européenne plus tôt dans la journée de réinstaller 40.000 demandeurs d'asile de « pas dans la bonne direction ».

« Notre approche doit être exhaustive, et inclure les pays de destination, de transit et, surtout, d'origine », a poursuivi M. Ban, insistant sur la nécessité de s'attaquer aux causes profondes des migrations internationales, en mettant notamment fin aux conflits et à la pauvreté qui poussent le plus souvent les migrants à partir.

Dans le même temps, le chef de l'ONU a appelé à lutter contre le racisme à l'encontre de ces nouveaux arrivants.

« Nous devons travailler ensemble en Europe et ailleurs, pour répondre à la montée inquiétante des stigmatisations et des discriminations contre les migrants », a-t-il déclaré, ajoutant que pour le continent européen, qui connaît actuellement une faible croissance démographique et dont la population est vieillissante, l'immigration est plus une opportunité qu'un défi.

« L'équation est simple : pour répondre à son déficit de main-d'œuvre et maintenir son dynamisme économique, l'Europe a besoin des migrants », a affirmé M. Ban, tout en appelant les pays européens à respecter leurs propres valeurs et principes directeurs dans la réponse apportée à cette crise.

« Je vous encourage à vous montrer à la hauteur des normes que vous vous êtes vous-mêmes fixées », a déclaré le Secrétaire général aux députés européens.

Abordant par ailleurs la question du développement durable, M. Ban a évoqué la future Conférence internationale sur le financement du développement qui aura lieu en juillet prochain à Addis-Abeba, en Ethiopie.

« L'aide publique au développement, l'APD, sera l'un des principaux points à l'ordre du jour du financement, en particulier pour les pays les moins avancés et les petits États insulaires en développement, qui ont urgemment besoin d'un soutien continu et renforcé », a déclaré M. Ban.

Plus tôt dans la journée, lors d'un entretien avec la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, le Secrétaire général avait justement salué l'engagement pris le matin même par les Etats membres de l'Union européenne de consacrer officiellement 0,7% de leur produit intérieur brut à l'aide publique au développement.

Selon un compte rendu de la discussion rendu publique par un porte-parole de l'ONU, M. Ban avait à cette occasion félicité Mme Mogherini pour le rôle clé qui a été le sien dans cette prise de décision et souligné combien cette dernière intervenait à un moment opportun, à quelques semaines de la Conférence internationale sur le financement du développement.

 

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