Yémen : l'ONU dénonce la détérioration de la situation des civils, notamment dans les prisons

22 mai 2015

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a une nouvelle fois dénoncé vendredi la détérioration de la situation des civils au Yémen, où plus de 1.000 personnes sont mortes au cours des deux derniers mois.

Selon les chiffres obtenus par le HDCH, au moins 1.037 civils, dont 130 femmes et 234 enfants, ont perdu la vie entre le 26 mars et le 20 mai 2015, et 2.453 autres ont été blessés, a indiqué une porte-parole, Cécile Pouilly, lors d'un point de presse à Genève.

Le HCDH a également déploré la destruction massive des infrastructures civiles, notamment à Aden et Sada'ah.

« Alors que la pause humanitaire de cinq jours entre le 12 mai et le 17 mai a fourni un peu de répit, des rapports faisaient état de combats au sol et de bombardements [durant la trêve], et des millions de personnes ont toujours besoin d'aide humanitaire », a expliqué la porte-parole, ajoutant que suite à la fin de la pause, les violences ont repris de plus belle, y compris les frappes aériennes à Aden, Ibb, Sada'ah, Dhale et Sanaa.

« Nous tenons également à attirer l'attention sur la situation dans les prisons et les centres de réinsertion au Yémen », a-t-elle ajouté, indiquant que beaucoup de ces établissements ont été touchés par des frappes aériennes ou par des affrontements armés.

« Plus de 4.000 détenus ont fui, et parallèlement certains ont été tués ou blessés », a précisé la porte-parole du Haut-Commissariat, constatant que les conditions dans les établissements pénitentiaires au Yémen, dont beaucoup manquaient déjà cruellement de ressources avant l'éclatement du conflit, se sont considérablement dégradées.

« La pénurie générale de nourriture et de carburant signifie que les prisonniers manquent d'accès à la nourriture, l'électricité, l'eau, à des installations sanitaires adéquates et à des soins de santé nécessaires », a déploré l'agence, ajoutant que des épidémies de gale et de mycoses auraient éclatée dans ces établissements. Les détenus ont également, dans de nombreux cas, été privés de visites de leur avocat ou de membres de leur famille à cause du conflit, a précisé le HCDH.

« Nous faisons écho à l'appel lancé par le Secrétaire général [de l'ONU, Ban Ki-moon] en direction des parties à prendre part aux consultations à venir à Genève en toute bonne foi », a dit Cécile Pouilly.

Trois jours après la fin de la trêve humanitaire et la reprise des combats au Yémen, le chef de l'ONU a annoncé cette semaine que des consultations politiques entre parties prenantes yéménites auront lieu le 28 mai prochain en Suisse.

Le HCDH a exhorté les parties au conflit, y compris les forces de la coalition menée par l'Arabie Saoudite, les forces armées yéménites et les groupes armés non étatiques, dont les Houthis, à respecter leur obligation d'assurer la protection des civils en vertu du droit international.

« Nous demandons également une extension de la pause humanitaire, comme étant la première étape vers un cessez-le feu permanent et la fin de toutes les hostilités par toutes les parties au conflit », a déclaré la porte-parole du HCDH.

 

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