Népal : le séisme risque d'avoir un impact très fort sur la sécurité alimentaire du pays, selon l'ONU

30 avril 2015

L'impact du récent tremblement de terre sur la sécurité alimentaire et les moyens d'existence agricoles au Népal devrait être très élevé et il faut aider de toute urgence les agriculteurs népalais sinistrés à reprendre les préparatifs pour la saison des semailles de riz qui arrive très bientôt, a prévenu jeudi l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Selon la FAO, les agriculteurs qui rateraient la saison de plantation débutant fin mai seraient incapable de récolter du riz, aliment de base du pays, jusqu'à la fin de 2016. Ceci, couplé aux pertes probables des récoltes de blé, de maïs et de stocks alimentaires, limiterait sérieusement l'approvisionnement alimentaire et les revenus dans ce pays d'Asie du Sud où près des deux tiers de la population dépendent de l'agriculture pour leur subsistance.

La FAO estime qu'environ 8 millions de dollars sont nécessaires de toute urgence pour aider les agriculteurs népalais sinistrés.

La semaine dernière, un séisme de magnitude 7,8 – le plus puissant jamais enregistré dans ce pays en 80 ans – a secoué le Népal, tuant plusieurs milliers de personnes tout en limitant l'accès à la nourriture et entraînant la dépendance de 3,5 millions d'individus de l'aide alimentaire.

Selon le gouvernement népalais, le bilan du séisme s'élève désormais à près de 5.600 morts et plus de 11.100 blessés. On estime à plusieurs millions le nombre de personnes dans les régions occidentale et centrale du pays qui ont été touchées par la catastrophe, notamment dans les grandes villes comme Katmandou et Pokhara. Mais certaines régions agricoles les plus vulnérables du pays, en particulier les petites agglomérations situées dans les régions montagneuses et les collines, ont également subi des dégâts considérables.

Bien que les dégâts au secteur agricole n'aient pas encore été évalués, les familles touchées ont probablement perdu leur bétail, les cultures, les stocks alimentaires et les précieux intrants agricoles. Dans le même temps, la catastrophe a détruit les marchés et les infrastructures, notamment les routes et les canaux d'irrigation et de drainage dont l'importance est capitale.

Avant le tremblement de terre, la production de blé du Népal était censée atteindre, selon les projections de la FAO, 1,8 million de tonnes en 2015, soit quelque 5% de moins que la récolte record de l'année dernière. Mais les dégâts aux cultures et l'incapacité des agriculteurs à récolter dans les zones touchées par le séisme devraient modifier ce chiffre.

Outre la distribution de kits de production agricole pour sauver la récolte cette année, la FAO et ses partenaires vont soutenir le gouvernement népalais dans la prévention de nouvelles pertes de bétail en fournissant du fourrage et des produits vétérinaires qui permettront de maintenir la santé et la productivité des animaux et ce, au profit des familles qui comptent sur le bétail pour leurs revenus et leur alimentation. La FAO assistera 20.000 ménages agricoles parmi les plus vulnérables et les aidera à reconstituer leurs moyens d'existence.

« Le moment est critique pour aider les agriculteurs à semer à temps afin de récolter du riz et retrouver leur autosuffisance cette année », selon Somsak Pipoppinyo, Représentant de la FAO au Népal. « Dans le même temps, nous devons faire tout notre possible pour préserver l'élevage qui représente un bien vital assurant aux familles sinistrées les revenus et la nutrition dont elles ont tant besoin ».

Les agences des Nations Unies et leurs partenaires viennent de lancer un appel d'urgence de 415 millions de dollars en faveur du Népal afin de répondre aux besoins les plus urgents. Les 8 millions de dollars réclamés par la FAO s'inscrivent dans le cadre de cet appel.

De son côté, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a pris la direction pour coordonner les secours médicaux dans les communautés touchées.

Selon le Dr Roderico Ofrin, administrateur de l'action sanitaire d'urgence à l'OMS, l'Organisation travaille en étroite collaboration avec les autorités népalaises pour garantir une aide médicale efficace.

L'OMS veille non seulement à la répartition des ressources médicales en fonction de l'évaluation des besoins mais elle coordonne les équipes médicales étrangères qui sont arrivées, ainsi que celles qui se tiennent prêtes et dont l'intervention pourrait s'avérer nécessaire dans un proche avenir.

En dehors de la gestion des ressources, l'OMS prend également des mesures pour éviter la propagation des maladies transmissibles résultant de la vie dans des conditions de promiscuité, du manque d'abri, de la contamination de l'eau et de l'insuffisance de l'assainissement.

La Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires, Valerie Amos, a entamé jeudi une visite de trois jours au Népal avec le Commissaire de l'Union européenne à l'aide humanitaire et à la gestion de crise, Christos Stylianides.

La Directrice executive du Programme alimentaire mondial (PAM), Ertharin Cousin, effectue également une visite au Népal pour observer les opérations de son agence pour aider les survivants du séisme.

 

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