Ebola : la dernière ligne droite est « sans doute la plus difficile », selon Ban Ki-moon

17 avril 2015

Bien qu'il y ait eu d'importants progrès réalisés au cours des derniers mois, l'épidémie d'Ebola reste un défi d'actualité, a déclaré vendredi le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, précisant que les derniers efforts pour éradiquer totalement le fléau étaient sans doute les plus difficiles.

« Nos efforts de marathoniens se sont soldé par un succès », a déclaré M. Ban lors d'une réunion de haut niveau sur le virus Ebola dans le cadre des réunions annuelles organisées chaque printemps par la Banque mondiale à Washington, la capitale des Etats-Unis.

Cependant, « nous avons perdu trop de vies. Des familles, des communautés et des nations ont été dévastées », a-t-il ajouté. « Quand nous atteindrons l'éradication totale du virus, nous devrons maintenir notre capacité de réponse opérationnelle pendant au moins un an ».

Durant cet événement, la Banque mondiale a annoncé qu'elle allait fournir au moins 650 millions de dollars au cours de la prochaine année et demi afin d'aider les pays les plus touchés – la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone – à se remettre de l'impact social et économique de l'épidémie. Cette nouvelle donation élèvera le montant des contributions de la Banque mondiale pour Ebola à 1,62 milliard de dollars.

« Beaucoup d'entre nous ont reconnu que la communauté internationale a été lente à réagir à Ebola. Montrons que nous avons retenu la leçon en soutenant une reprise efficace et durable également capable de préparer ces pays – et le reste du monde – à la prochaine pandémie », a déclaré le Président du Groupe de la Banque Mondiale, Jim Yong Kim.

« Nous avons vu le meilleur du multilatéralisme », a poursuivi de son côté M. Ban, tout en remerciant les nombreux gouvernements, ONG locales et internationales, médecins et infirmières qui ont travaillé sur le terrain pour venir à bout de l'épidémie.

Grâce à ses efforts, nous avons constaté une baisse significative des nouveaux cas d'Ebola, a salué le Secrétaire général, soulignant qu'au Libéria, seulement un cas avait été enregistré au cours des deux derniers mois. En conséquence, a-t-il ajouté, l'épidémie se cantonne désormais à une « bande étroite » le long du littoral de la Guinée et de la Sierra Leone.

« Ces efforts doivent également reconnaître la fragilité des transitions de ces pays, passés des conflits et de l'instabilité à la paix et au développement durable », a poursuivi M. Ban.

Le Secrétaire général a insisté sur le fait que les femmes, hommes et enfants ont besoin d'un accès sûr et abordable aux cliniques, aux hôpitaux et aux écoles. Les gens ont besoin d'emplois et d'un accès aux marchés ; les communautés affectées, les personnes endeuillées et les orphelins ont besoin de soutien ; la foi des gens dans la capacité de leurs gouvernements à les servir doit être renforcée, a-t-il ajouté.

Lors d'une conférence de presse organisée suite à l'évènement, M. Ban a remercié le Président de la Banque mondiale pour l'organisation de la réunion et a salué le leadership des Présidents de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone.

« C'est le multilatéralisme à son apogée », a-t-il dit. « Tout comme nous avons aidé les pays touchés lorsque l'épidémie faisait rage, nous devons être à leurs côtés alors que l'épidémie recule désormais ».

M. Ban a précisé qu'il convoquera une conférence de donateurs de haut niveau à New York en juillet pour mobiliser des ressources financières et technologiques afin d'aider la reprise économique et social dans les pays touchés.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

En Guinée, un premier vaccin contre Ebola est testé dans les villages affectés

Le gouvernement guinéen et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont lancé cette semaine la toute première vague d'essais cliniques d'un vaccin contre la maladie à virus Ebola dans un village touché par l'épidémie en Basse-Guinée, l'une des zones du pays où l'on trouve le plus de cas d'Ebola.