L'ONU appelle à prendre des mesures contre les violences sexuelles liées aux conflits

15 avril 2015

A l'occasion d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité, la Représentante spéciale du Secrétaire général de l'Organisation sur la violence sexuelle dans les conflits armés, Zainab Hawa Bangura, a appelé à prendre des mesures concrètes pour faire face à cette menace croissante.

« L'histoire des viols commis dans les zones de conflit est une histoire marquée par le déni. Il est temps de mettre ces crimes, et ceux qui les commettent, sous les projecteurs de l'attention internationale », a déclaré Mme Bangura, qui présentait au Conseil les conclusions de l'édition 2015 du rapport du Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, sur la question des violences sexuelles liées aux conflits.

Si la Représentante spéciale a constaté que de nombreux progrès avaient été effectués depuis la création de son mandat il y a cinq ans, y compris l'augmentation des ressources, l'établissement de plans d'action nationaux et la prise en compte de cette question dans l'élaboration d'accords de paix, elle a en revanche insisté sur certains faits préoccupants.

Le rapport annuel du Secrétaire général met en effet en lumière des thèmes nouveaux, et notamment une liste de 45 parties, des groupes armés pour la plupart, soupçonnés d'avoir commis des violences sexuelles à des fins tactiques pour terroriser les victimes.

Le rapport du Secrétaire général lie également la violence sexuelle dans les conflits avec la dépossession forcée des terres et des biens et la privation des femmes de sources vitales de subsistance.

Il met par ailleurs en évidence la vulnérabilité et la prise pour cible des minorités ethniques et religieuses, y compris des personnes lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres, par des groupes armés ayant recours à la violence sexuelle pour imposer leur morale et exercer un contrôle social.

Afin de lutter contre ces évolutions, Mme Bangura a mis en avant la recommandation du Secrétaire général d'inclure la violence sexuelle dans les critères du Comité des sanctions contre Al-Qaida / l'Etat islamique d'Iraq et du Levant (EIIL).

En fin de compte, a estimé la Représentante spéciale, une stratégie efficace pour lutter contre cette menace émergente devrait inclure un engagement intensif des Nations Unies au niveau communautaire, y compris des femmes et de la société civile, des jeunes et des chefs traditionnels et confessionnels.

Au nombre des progrès réalisés au cours des deux dernières années, Mme Bangura a par ailleurs mentionné la signature d'accords de coopération avec l'Union africaine et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, une approche qui s'étend progressivement à Ligue des États arabes, a-t-elle ajouté.

Au niveau des pays, les gouvernements de l'Angola, la Guinée, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo (RDC), la Somalie et le Soudan du Sud se sont tous engagés à lutter contre la violence sexuelle, a également salué la Représentante spéciale.

« Ces engagements ont été pris au plus haut niveau de gouvernement et constituent la base de plans de mise en œuvre actuellement en cours d'élaboration par les autorités nationales, en coopération avec les Nations Unies et d'autres partenaires », a dit Mme Bangura.

 

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