Syrie : l'ONU s'inquiète de la flambée de violence au camp palestinien de Yarmouk
« La communauté mondiale ne doit pas rester le témoin silencieux de ce qui risquerait bien de tourner au massacre, selon les mots d'avertissement prononcés par le Secrétaire général de l'ONU » lors d'une conférence de presse organisée la veille au siège de l'Organisation à New York, a déclaré M. Gunness aux journalistes par téléphone de Jérusalem.
Depuis le 1er avril, Yarmouk a été le théâtre d'intenses combats entre groupes armés et les résidents font désormais face à une double menace entre, d'un côté, les extrémistes de l'Etat islamique d'Irak et du Levant (EIIL), à l'intérieur du camp et, de l'autre, les forces gouvernementales faisant le siège à l'extérieur, au point qu'il est pratiquement impossible pour les civils de quitter Yarmouk.
Selon l'UNRWA, cette zone résidentielle à l'intérieur de laquelle réside 18.000 habitants, dont 3.500 enfants, est tributaire des distributions irrégulières de nourriture et d'autres secours de l'agence onusienne.
M. Gunness a déclaré que l'UNRWA restait « profondément préoccupé » par le manque d'accès humanitaire au camp, soulignant que Yarmouk était déjà mal desservi avant le déclenchement des hostilités.
Dans un camp assiégé où les femmes enceintes meurent durant l'accouchement en raison du manque de médicaments et où les enfants meurent de malnutrition, l'escalade de la violence a rendu la situation intenable, a-t-il ajouté.
« Alors que les combats s'intensifient, l'UNRWA exige de tous les groupes armés à l'intérieur de Yarmouk qu'ils respectent leur obligation d'assurer la protection des civils », a poursuivi le porte-parole. « L'UNRWA demande en outre la création de conditions de sécurité suffisantes pour que l'agence soit en mesure de fournir une assistance humanitaire vitale ».
Selon les estimations de l'UNRWA, des groupes armés ont pris le contrôle de plus de la moitié du camp et 95% de la population de Yarmouk vit désormais dans les zones contrôlées par ces groupes. Dans le même temps, des bombardements aériens ont encore aggravé la situation.