L'UNESCO appelle à protéger le patrimoine culturel du Yémen

27 mars 2015

Alors que le conflit s'intensifie au Yémen, la Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, a exhorté vendredi toutes les parties impliquées à protéger le patrimoine culturel du pays.

« Le patrimoine culturel d'une nation est essentiel ; il permet aux citoyens de préserver leur identité, de tirer profit de leur diversité et de leur histoire et de construire un avenir pacifique », a déclaré Mme Bokova dans un communiqué de presse. « Le patrimoine du Yémen est unique. Il reflète des siècles de réflexion sur l'islam, d'échanges et de dialogue. J'appelle les habitants du Yémen, ainsi que des pays de la région impliqués dans les opérations militaires au Yémen, à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger le patrimoine culturel inestimable de ce pays ».

Selon elle, « l'expérience montre que le patrimoine culturel n'est jamais aussi vulnérable qu'en période de conflit. Il est crucial que les parties au conflit évitent de prendre pour cible les sites et les monuments du patrimoine culturel, que ce soit par des tirs d'artillerie, des frappes aériennes ou en les utilisant à des fins militaires ».

La Directrice générale a rappelé à cet égard les obligations relevant du droit international humanitaire visant à protéger le patrimoine culturel, notamment la Convention pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, adoptée à La Haye en 1954.

Dans un communiqué de presse séparé, Mme Bokova a dénoncé le meurtre du journaliste et militant des droits de l'homme, Abdul Karim Mohammed al-Khaiwani, dans la capitale yéménite Sanaa le 18 mars.

M. al-Khaiwani avait remporté en 2008 un prix décerné par Amnesty International et était Ambassadeur de bonne volonté du Conseil international des droits de l'homme au Yémen.

«Je condamne l'assassinat d'Abdul Karim Mohammed al-Khaiwani, journaliste d'une intégrité exceptionnelle », a déclaré la Directrice générale. « Sa mort est une perte pour le peuple du Yémen et pour la quête de l'information et d'un débat informé. Les assassins de M. al-Khaiwani doivent être traduits en justice le plus rapidement possible ».

M. al-Khaiwani a été abattu par des hommes armés non identifiés près de chez lui à Sanaa. Il contribuait à divers médias indépendants et d'opposition et était l'ancien rédacteur en chef d'Al-Shoura, un journal pro-démocratie qui a fermé en 2005.

 

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