L'ONU dévoile l'Arche du retour en mémoire des terribles répercussions de la traite des esclaves

25 mars 2015

A l'occasion de la Journée de commémoration des victimes de l'esclavage et de la traite transatlantique des esclaves, le Secrétaire général Ban Ki-moon a dévoilé lors d'une cérémonie à New York un monument permanent destiné à commémorer dignement les victimes de l'esclavage et de la traite transatlantique.

A l'occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes de l'esclavage et de la traite transatlantique des esclaves, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a dévoilé mercredi après-midi lors d'une cérémonie au siège de l'Organisation, à New York, un monument permanent destiné à commémorer dignement les victimes de l'esclavage et de la traite transatlantique.

Construit sur l'esplanade des visiteurs, ce monument intitulé « l'Arche du retour » est destiné à rappeler aux visiteurs du monde entier les terribles répercussions de la traite des esclaves.

« Il nous aidera à panser les blessures, à remémorer le passé et à honorer le souvenir des victimes », a souligné Ban Ki-moon dans un message.

« Pendant plus de quatre siècles, quelque 15 millions d'Africains issus des quatre coins du continent ont été arrachés à leur terre d'origine et transportés de force aux Amériques. Ce nombre reste toutefois inférieur à celui des personnes achetées par les marchands d'esclaves. Les esclaves qui ont survécu ont été achetés et vendus, leur dignité a été foulée aux pieds et leurs droits de l'homme bafoués », a-t-il rappelé. « Même leurs enfants pouvaient leur être retirés et vendus par leur « propriétaire » pour faire un profit. La traite transatlantique demeure un crime monstrueux qui entache l'histoire de l'humanité ».

Ce monument qui a été conçu par Rodney Leon, "nous offre un endroit pour faire une pause et réfléchir aux causes et conséquences du racisme afin que nous puissions éradiquer les préjugés et l'intolérance partout et toujours", a souligné Ban Ki-moon lors de la cérémonie.

"Ce mémore dresse comme un rappel fort et permanent, pas seulement de cette injustice flagrante mais des objectifs que les Nations Unies ont établis il y a 70 ans : protéger les droits humains et la dignité de tous les peuples", a-t-il ajouté.

Cette année, la Journée de commémoration est dédiée à la mémoire des nombreuses femmes qui ont souffert de la traite des esclaves et qui en sont mortes.

Selon M. Ban, « malgré l'atrocité des violences qu'elles ont subies – l'esclavage sexuel et reproductif, la prostitution forcée, les agressions sexuelles répétées, les grossesses forcées et la vente de leurs enfants, pour n'en citer que quelques-unes – ces femmes ont joué un rôle décisif pour préserver la dignité de leur communauté, et leur détermination et leur résistance courageuse n'ont été que trop souvent sous-estimées, voire oubliées ».

Le Secrétaire général a jugé tragique de constater que l'esclavage n'a pas disparu et perdure tout aussi inexorablement dans de nombreuses parties du monde sous la forme de travaux forcés, de traite, d'exploitation sexuelle ou de captivité dans des conditions s'apparentant à l'esclavage.

« Il est absolument vital de bien faire comprendre à tous les dangers inhérents au racisme tenace sans lequel ces pratiques abjectes ne pourraient exister. Le programme éducatif 'En mémoire de l'esclavage' mené par le Département de l'information vise à mieux faire connaître la traite transatlantique et à faire comprendre comment, en matière d'intolérance, on peut très rapidement passer d'un état d'esprit à des actes de haine et de violence », a-t-il ajouté.

Le chef de l'ONU a demandé à tous "de renouveler leur engagement à mettre fin à l'esclavage moderne afin que les enfants puissent vivre dans un monde débarrassé du racisme et des préjugés, où tous peuvent jouir des mêmes chances et des mêmes droits".

Ban Ki-moon a également participé mercredi après-midi à une réunion de l'Assemblée générale des Nations Unies pour commémorer cette journée.

Lors de cette réunion, le Président de l'Assemblée générale, Sam Kutesa, a jugé "déplorable que, même aujourd'hui, beaucoup de femmes et de jeunes filles innocentes soient réduites à l'esclavage et privées de leurs libertés et de leur droit à une vie digne en raison de la traite des êtres humains et de l'exploitation sexuelle". Il a aussi regretté que de nombreux enfants soient soumis au travail forcé.

"Nous devons intensifier nos efforts collectifs pour combattre et éliminer de tels abus", a-t-il dit.

 

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