A la veille de la Journée de la femme, l'ONU met le monde au défi d'atteindre l'égalité des sexes d'ici 2030

6 mars 2015

A deux jours de la Journée internationale de la femme, les Nations Unies ont appelé à capitaliser sur les avancées réalisées au cours des vingt dernières années pour adopter un ensemble d'objectifs audacieux permettant d'atteindre l'égalité des sexes dans le monde d'ici 2030.

A deux jours des célébrations organisées pour la Journée internationale de la femme, les Nations Unies ont appelé vendredi à capitaliser sur les avancées réalisées en matière d'autonomisation des femmes au cours des vingt dernières années pour adopter un ensemble d'objectifs audacieux, dans le cadre de la réflexion actuelle sur le développement durable, permettant d'atteindre l'égalité des sexes dans le monde d'ici 2030.

L'édition 2015 de la Journée internationale de la femme, célébrée chaque année le 8 mars, coïncide avec le 20ème anniversaire de la Déclaration et du Programme d'action de Beijing, une feuille de route historique signée en 1995 par 189 gouvernements, établissant la voie à suivre pour la réalisation des droits de la femme. A ce jour, la Déclaration et le Programme d'action de Beijing demeurent le principal instrument international en matière de promotion de l'égalité des sexes.

A l'approche de cette commémoration annuelle, un débat de haut niveau était organisé au siège de l'Organisation à New York, dans l'enceinte de l'Assemblée générale de l'ONU, sur le thème : « Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes et des filles au sein d'un programme de développement transformatif pour l'après -2015 ».

Dans un discours prononcé à cette occasion devant les Etats membres, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a fait part de ses attentes, mais également des défis concernant la mise en œuvre des droits de la femme dans le monde.

« Je suis fermement convaincu que l'heure de l'autonomisation des femmes est enfin venue et que nous arrivons au terme d'un voyage commencé il y a deux décennies à Beijing », a-t-il déclaré, avant d'ajouter que le Programme d'action, adopté lors de la Quatrième conférence mondiale sur les femmes, demeure une ligne directrice ambitieuse mais réaliste pour l'autonomisation des filles et des femmes, et la réalisation de leurs droits humains.

« Au cours des deux dernières décennies, nous avons connu des avancées significatives », a salué le chef de l'ONU.

Au nombre d'entre elles, M. Ban a notamment cité les appels répétés lancés par le Conseil de sécurité de l'ONU rappelant le rôle des femmes dans le maintien et la consolidation de la paix ; l'adoption par de nombreux pays de mesures pour la promotion de l'égalité des sexes ; la participation croissante des femmes à la vie politique ; la chute du taux de mortalité maternelle dans le monde ; l'amélioration de l'accès des femmes à l'éducation ; et leur participation accrue à l'économie mondiale.

« Mais les gains ont été trop lents et trop irréguliers », a cependant déploré M. Ban.

Alors que la Commission de la condition de la femme de l'Organisation doit se réunir dans quelques jours afin d'évaluer la mise en œuvre du Programme d'action de Beijing, le Secrétaire général a ainsi mentionné un ensemble d'obstacles à l'autonomisation des femmes.

« Il existe encore cinq pays où pas une seule femme n'est représentée au parlement. Il y a aussi huit pays dans le monde où pas une seule femme n'est au gouvernement », a souligné M. Ban.

Le Secrétaire général s'est également indigné, entre autres exploitations et abus, de l'utilisation répétée du viol des femmes comme d'une arme de guerre « vile » par les extrémistes violents ; des mariages précoces et forcés condamnant les filles à l'ignorance, la maladie et la violence ; et de l'exploitation des femmes dans le cadre de travaux non rémunérés et faiblement rémunérés.

« Beaucoup de femmes à travers le monde sont toujours privées de leur santé et de leurs droits sexuels et reproductifs, notamment le droit à la maternité sans risque », a ajouté M. Ban, renvoyant dos à dos les stéréotypes sexistes, l'exclusion et la discrimination des femmes qui perpétuent l'inégalité des sexes « dans tous les pays ».

A la veille de l'adoption d'un programme de développement durable pour l'après-2015 en septembre à New York, le Secrétaire général a par conséquent appelé les Etats membres à adopter des objectifs « audacieux » centrés sur la reconnaissance du rôle des femmes et des filles dans nos sociétés.

« Nous devons nous préparer à réaliser de nouveaux progrès significatifs d'ici 2020 et à mettre en œuvre l'égalité des sexes d'ici à 2030 », a-t-il déclaré. « Que notre cri de ralliement soit 50-50 en 2030! »

Dans cette perspective, le Président de l'Assemblée générale, Sam Kutesa, intervenant également lors de l'évènement, a exhorté dans son allocution les Etats membres à ne pas hésiter à encourager la tenue de débats et de discussions à bâtons rompus sur les racines de la discrimination contre les femmes.

« Les normes profondément enracinées, les croyances et les pratiques qui contribuent à la discrimination fondée sur le sexe doivent être confrontées et changées », a-t-il affirmé, prônant en la matière une politique de tolérance zéro s'agissant des mécanismes de reproduction de la discrimination envers les femmes.

Abordant la question du futur programme de développement durable pour l'après-2015, M. Kutesa a par ailleurs particulièrement insisté sur la dimension économique de l'autonomisation des femmes.

« L'accès aux lignes de crédit est d'une importance cruciale pour les femmes, en particulier pour qu'elles puissent poursuivre la voie de l'entreprenariat au sein d'entreprises sans liens avec la culture de la terre. Maintes et maintes fois nous avons constaté que si elles ont accès à des crédits, les femmes prospèrent en tant que propriétaires de petites et moyennes entreprises, notamment dans le tissage, la couture, la minoterie et la boulangerie », a expliqué le Président de l'Assemblée.

Dans son discours, le Secrétaire générale de l'ONU s'est référé au texte de la Déclaration de Beijing afin de mettre en perspective la lutte pour l'égalité des sexes : « N'oublions jamais que, comme l'a si succinctement précisé la Déclaration de Beijing : 'les droits de la femme sont des droits de l'homme' », a-t-il dit.

 

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