L'ONU appelle la Corée du Nord et l'Iran à respecter leurs engagements sur la question du nucléaire

2 mars 2015

Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) s'est déclaré lundi « gravement préoccupé » par le programme nucléaire de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), tout en estimant parallèlement ne pas être en mesure à l'heure actuelle d'affirmer que toutes les matières nucléaires en Iran sont utilisées à des fins pacifiques.

Dans son discours d'ouverture au Conseil des gouverneurs de l'AIEA, qui se réunit actuellement à Vienne, en Autriche, du 2 au 4 mars 2015, le Directeur général de l'agence onusienne, Yukiya Amano, s'est dit prêt à jouer un rôle clé dans la vérification du programme nucléaire de la RPDC, en dépit de la réticence des autorités à autoriser la venue d'équipes de vérification dans le pays.

« Cela fait maintenant six ans que les inspecteurs de l'Agence ont été sommés de quitter la RPDC », a-t-il regretté, appelant la Corée du Nord à coopérer sans délai avec l'AIEA sur la mise en œuvre de l'accord de garanties de 1992 relatif au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), fondé notamment sur le principe de vérification par l'Agence de la comptabilité des matières nucléaires déclarées par le pays.

S'agissant de l'Iran, la vérification du non-détournement de matières nucléaires s'est poursuivie en vertu de l'accord de garanties passé entre l'AIEA et le pays, a ajouté M. Amano.

« L'Agence n'est pas en mesure de garantir de manière crédible l'absence de matières et activités nucléaires non déclarées en Iran », a-t-il ajouté, précisant qu'il lui était par conséquent impossible de conclure que toutes les matières nucléaires utilisées en Iran l'étaient à des fins pacifiques.

« Ce processus ne peut pas durer éternellement », a poursuivi le Directeur général, appelant les autorités iraniennes à accroitre leur coopération afin de résoudre les deux derniers points restés en suspens, ce qui supposerait pour l'Agence d'obtenir en temps opportun l'accès demandé aux informations, à la documentation, aux sites, au matériel et au personnel.

« Une fois que l'Agence aura été en mesure d'obtenir une vue d'ensemble s'agissant des questions susceptibles de revêtir une dimension militaire, je soumettrai un rapport d'évaluation au Conseil », a-t-il ajouté, tout en mentionnant la tenue récente de réunions constructives avec le Ministre iranien des affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, et le Vice-ministre iranien des affaires étrangères, Seyed Abbas Araghchi.

Sur la question de la Syrie, M. Amano a signalé qu'il n'avait pas de nouveaux éléments à apporter depuis son dernier rapport au Conseil des gouverneurs sur la mise en œuvre de l'accord de garanties dans le pays. Il a renouvelé son appel aux autorités de la Syrie à coopérer pleinement sur les questions restées en suspens concernant différents sites, notamment celui de Dair Alzour.

Le Directeur général a par ailleurs attiré l'attention du Conseil sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre du Plan d'action sur la sûreté nucléaire de l'AIEA, notamment l'adoption de la Déclaration de Vienne.

Notant que l'Agence traversait une « période critique » concernant les contributions extrabudgétaires pour le projet ReNuAL de modernisation des laboratoires d'applications nucléaires à Seibersdorf, M. Amano s'est inquiété qu'aucun engagements concrets de contribution aux coûts de la construction des bâtiments n'aient été reçus à ce jour, et ce malgré un fort intérêt manifesté par les Etats membres.

 

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