L'UNESCO appelle à la mobilisation pour arrêter le « nettoyage culturel » en Iraq

27 février 2015

Les images de l'attaque du musée de Mossoul ainsi que des sites archéologiques dans la région de Ninive, en Iraq, ont saisi la communauté internationale d'effroi, a déclaré vendredi la Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, en référence à la diffusion d'une vidéo la veille montrant le saccage du musée par des terroristes de l'Etat Islamique d'Iraq et du Levant (EIIL).

« Un grand nombre de statues et de bas-reliefs ont été défigurés ou détruits, dans une furie destructrice, à coup de hache, de masse et de marteau piqueur », a déploré dans la matinée la Directrice générale de l'UNESCO, au cours d'une conférence de presse organisée au lendemain du saccage.

Le jeudi 26 février, en effet, une vidéo diffusée sur Internet montrait des terroristes de l'EIIL réduisant à néant des objets anciens dans le musée de Mossoul, parmi lesquels une série de statues de 3000 ans, sous prétexte que ces objets font la promotion de l'idolâtrie chez les Musulmans. L'EIIL avait invoqué des raisons similaires quelques jours auparavant, suite à la destruction de milliers de livres de la bibliothèque publique de Mossoul.

« Cette tragédie est loin d'être seulement un enjeu culturel : c'est un enjeu de sécurité majeur, et l'on voit bien comment les terroristes utilisent la destruction du patrimoine dans une stratégie de terreur, pour déstabiliser et manipuler les populations, et assurer leur domination », a insisté la Mme Bokova, qui s'est félicité de la « mobilisation internationale » contre le nettoyage culturel en Iraq.

La Directrice générale s'est entretenue avec le Président du Conseil de sécurité des Nations Unies, Wang Yi, et avec le Secrétaire général de l'Organisation, Ban Ki-Moon, pour leur demander de convoquer une réunion d'urgence du Conseil de sécurité sur la protection du patrimoine culturel de l'Iraq en tant qu'élément constitutif de la sécurité du pays. Elle a ajouté que le Secrétaire général soutenait sa proposition.

En vertu des statuts de Rome de la Cour Pénale Internationale, la destruction délibérée du patrimoine culturel est un crime de guerre, a rappelé Mme Bokova. Aussi, l'UNESCO a-t-elle alerté la Cour pénale internationale par le biais de son procureur, Fatou Bensouda, pour l'encourager à ouvrir une enquête.

Pour lutter contre le trafic illicite des biens culturels, qui participe directement au financement du terrorisme en Iraq et en Syrie, la Directrice générale a affirmé que l'UNESCO était en contact avec tous ses partenaires, dont l'Organisation mondiale des douanes, Interpol, le Conseil international des musées ou encore le Conseil international des monuments et des sites. L'Organisation est aussi en lien étroit avec tous les pays voisins et les principales maisons de vente aux enchères.

 

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