Mettre un terme à la criminalité violente, un prérequis du développement durable, selon l'ONU

25 février 2015

Bien que des progrès aient été réalisés à l'échelle mondiale dans la lutte contre la criminalité violente, le nombre d'homicides a augmenté de 10% dans les pays à faible revenu et à revenu moyen-inférieur par rapport à la dernière décennie, ont déploré mercredi des hauts responsables de l'ONU, mettant en évidence le lien entre la réduction de ce fléau et le développement durable.

« Réduire la criminalité violente et assurer la primauté du droit est d'une importance manifeste pour le quotidien des populations – afin de protéger les personnes vulnérables contre l'exploitation, d'empêcher la corruption de porter atteinte aux services publics et de libérer les jeunes du cercle vicieux de la pauvreté, de la drogue, de la criminalité et de violence », a déclaré le Directeur exécutif de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Yury Fedotov, à l'occasion d'un débat thématique de haut niveau, au siège de l'ONU à New York, sur le thème « Intégrer la prévention du crime et la justice pénale dans le programme de développement pour l'après-2015 ».

La réunion d'aujourd'hui intervient en plein préparatifs du treizième Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et la justice pénale, qui se tiendra à Doha en avril 2015. Selon l'ONUDC, en 2013, le taux d'homicides dans les pays à faible revenu et à revenu moyen-inférieur était en moyenne 2,5 fois supérieur à celui des pays à revenu élevé.

Se référant aux différents traités internationaux permettant de lutter contre la criminalité violente, notamment la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et ses trois protocoles additionnels et la Convention des Nations Unies contre la corruption, M. Fedotov a déclaré que « bien que les Etats membres ont encore beaucoup à faire pour mettre en œuvre efficacement leurs engagements, ces cadres fournissent une base solide pour relever les entraves à l'Etat de droit et à la justice, renforcer les institutions et promouvoir la coopération internationale à l'appui du développement durable et équitable ».

Egalement présent à l'évènement, le Vice-Secrétaire général des Nations Unies, Jan Eliasson, a souligné que tous les pays doivent adopter des systèmes efficaces de prévention de la criminalité et de justice pénale.

« Alors que nous avançons sur le terrain du développement durable transformatif, nous devons reconnaître les effets débilitants et déstabilisateurs de la violence », a ajouté M. Eliasson, tout en appelant à développer une « approche globale » pour faire face à la criminalité.

« L'insécurité, la corruption et la criminalité entravent l'accès à la santé, à l'éducation et aux autres services de base. Ils sapent le commerce et les relations commerciales, les possibilités d'emploi et la protection de la propriété. Tout cela nuit aux individus et endommage les sociétés. Le lien croissant entre le crime organisé et le terrorisme est par ailleurs une tendance très inquiétante », a déploré le Vice-Secrétaire général.

Tout comme M. Fedotov, M. Eliasson a exhorté les pays à adopter et mettre en œuvre les instruments internationaux existants concernant la lutte contre le terrorisme, la drogue, la corruption, la traite des êtres humains et le trafic de migrants et d'armes à feu.

De son côté, le Président de l'Assemblée générale de l'ONU, Sam Kutesa, a déclaré que la prévention du crime et l'accès à la justice « vont de pair » avec de nombreux objectifs de développement, dont l'éradication de la pauvreté et l'augmentation de l'accès aux soins de santé, à l'éducation, à l'eau et à l'énergie.

Se référant à la protection contre la criminalité et la violence comme étant « l'un des prérequis les plus fondamentaux pour mener une vie productive et digne », M. Kutesa a souligné que la criminalité affaiblit l'autorité de l'Etat, alimente la corruption, nuit aux économies déjà fragiles et compromet la qualité de vie.

 

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